Les illusions de Sav Loar de Manon Fargetton

   Après avoir lu de Manon Fargetton L’héritage des Rois-passeurs puis Aussi libre qu’un rêve, j’ai saisi l’occasion de retrouver sa plume en m’offrant Les illusions de Sav Loar, un roman de fantasy se déroulant dans le même univers que L’héritage des rois passeurs, croisant même l’histoire de ce dernier.

   Bon, j’ai été un peu frustrée au début, ne me rappelant pas de tous les détails de L’héritage des Rois-passeurs mais finalement cela m’est revenu au fil de ma lecture, et il s’avère que ce n’est absolument pas indispensable d’avoir lu le premier pour lire celui-ci et vice-versa. Si les deux œuvres se rejoignent à plusieurs reprises, nous permettant de profiter d’un autre point de vue sur l’histoire, elles demeurent parfaitement indépendantes l’une de l’autre. Je conseillerai néanmoins de les lire dans l’ordre chronologique, soit d’abord L’héritage et ensuite Les illusions.

   J’ai mis beaucoup de temps à terminer cette lecture mais seulement parce que j’ai refusé de l’abandonner alors que j’étais dans ma mauvaise passe (cf mes précédents articles)… J’ai aimé retrouver le style de l’autrice, me replonger dans son univers, dans les arcanes de la magie, et j’ai persévéré jusqu’au bout. Sans regrets, car j’ai beaucoup apprécié ma lecture !

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Au nom de la mère & Une tête de nuage de Erri de Luca

    Dans le cadre de mon travail, j’ai été amenée à me déplacer sur Paris pour y suivre une formation. Cela a coïncidé avec la venue d’Erri de Luca au sein de la librairie Le Divan. J’en ai parlé un peu ici (lien FB). J’ai appris cette venue de façon assez inopinée mais cela m’a semble inespéré ! J’allais pouvoir rencontrer mais surtout écouter, un auteur pour lequel je nourris un respect teinté d’une forme d’admiration. J’aime son écriture, son style, sa poésie incroyable et son parcours atypique.

Cherchez l’erreur…

    Plusieurs mois après, je reste très marquée par cette rencontre que j’ai trouvée assez magique. Qu’est-ce que j’en retire ? D’abord, Erri de Luca est un homme incroyablement simple et abordable. C’est même lui qui est venu me voir pour me proposer de signer un autographe ! Certes, j’étais arrivée très en avance, je craignais quelque peu la cohue et le manque de place, la librairie n’étant pas extensible. Sauf qu’il s’avère qu’Erri de Luca ne supporte pas d’arriver lui-même trop à l’heure. Il préfère être en avance. Alors comme un petit cadeau de bienvenue, j’ai eu droit à un franc sourire et un autographe. Je ne lui ai pas posé de questions à ce moment car je savais que son intervention serait animée. Et puis, ça reste un peu intimidant… A ceux qui pourraient penser qu’il y avait aussi la barrière de la langue, et bien sachez qu’il n’en est rien. Erri de Luca a vécu en France, il parle très bien le français et le comprend, pourvu qu’on ne parle pas de façon précipitée car il ne manipule pas cette langue tous les jours. Si vous voulez lui dire quelque chose en français, il est à même de vous comprendre donc l’échange était possible. Mais je n’ai pas osé. C’est fou comme à ce moment-là on perd ses mots…

    La rencontre a été organisée avec son éditeur Gallimard pour la sortie de son dernier livre Une tête de nuage sur lequel je reviendrai après. Et si il y avait bien un interprète franco-italien, Erri de Luca a aussi répondu aux questions qui lui étaient posées en français. Comme dans ses livres, c’est quelqu’un qui prend le temps de poser sa pensée et de choisir soigneusement ses mots. Il nous a parlé de Jésus et de Marie, mais aussi de Joseph, les personnages de son dernier roman. Depuis maintenant de longues années Erri de Luca fait un travail de relecture et de traduction de la Bible depuis sa langue d’écriture initiale, à savoir l’hébreu. Langue qu’il a appris à lire et à écrire en autodidacte. Tiré de la bible, j’ai déjà eu l’occasion de lire Et il dit qui m’avait laissé une impression mitigée. Ayant peu d’accointance avec le côté religieux, je craignais un petit peu cette nouvelle lecture tirée de la Nativité. Je savais que je ne serai pas déçue par la qualité de l’écriture mais j’ignorais si le récit derrière réussirait à m’emporter. Mes doutes ont été balayés d’un trait de plume et de quelques mots.

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Notre-Dame aux Écailles de Mélanie Fazi

   J’ai découvert Mélanie Fazi depuis maintenant quelques temps, d’abord dans une anthologie (69 – Anthologie SFQ), puis dans sa traduction Ainsi naissent les fantômes de Lisa Tuttle. J’avais poursuivi avec son roman Arlis des forains qui m’avait moins enthousiasmé. Mais comme certain(e)s auteur(s), autrice(s), il m’a été dit qu’elle était meilleure novelliste que romancière. Alors, c’est tout naturellement que je me suis tournée vers son recueil de nouvelles Notre-Dame aux Écailles. Je dois dire qu’en effet, sa plume se révèle plus juste, plus pertinente dans ces courts récits d’intensité variable. Au nombre de 12, elle dépeint à chaque fois un nouvel univers, des personnages différents et une intrigue propre. Elle parvient pour chacune de nos lectures à nous immerger immédiatement dans ce petit monde qu’elle esquisse en quelques pages. Je suis un peu admirative de cette capacité que détiennent certaines plumes à nous emmener voguer dans les eaux de leur monde en à peine quelques mots…

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L’anneau de Moebius de Franck Thilliez

Il m’aura fallu du temps… De la patience et de la persévérance pour venir à bout de ce qu’on peut appeler un vrai creux de lecture. Manque de temps, manque d’envie, beaucoup de déceptions, des difficultés à entrer dans les histoires, tout cela s’est cumulé et il vient un moment où on réalise qu’on a tout simplement plus envie de lire. Besoin d’une petite pause, d’un petit break qui explique pourquoi le blog s’est retrouvé silencieux. Faute de lire, difficile d’écrire. J’avais pourtant des choses à raconter mais peu qui soient liées à la littérature. Et puis, j’ai fini par me relancer (sans jamais avoir arrêté totalement) petit à petit mais le constat était là : trois livres entamés, une BD tout juste acquise, par où commencer ? J’y suis allée au « feeling », au gré de mes envies. Alors que je croyais ne jamais terminer L’anneau de Moebius de Franck Thilliez, voilà ma lecture finalement achevée ! J’écluse et je reprends à vous parler lecture ici. Ça fait du bien de vous retrouver.

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   J’ai déjà lu des œuvres de Franck Thilliez et j’avais été littéralement bluffée par la qualité de l’écriture de cet auteur. C’est donc assez naturellement que j’ai acquis sans trop réfléchir L’anneau de Moebius. C’était signé Franck Thilliez alors ça me semblait une raison suffisante. Mais même les bons auteurs ont des faiblesses… Sorti il y a 10 ans, L’anneau de Moebius peut vous faire passer l’envie de lire du Thilliez si vous commencez par celui-ci. Il n’est pas mauvais, n’exagérons rien, la qualité de la plume de l’auteur nous aide à ne pas sombrer. Mais j’ai totalement calé à un moment de l’histoire. Parce que oui, quoiqu’on en dise, près de 300 pages sans décanter l’histoire des deux personnages principaux, c’est long. Pour moi, ce fut beaucoup trop long. Nous sommes dans l’attente de cet événement inéluctable qui n’arrive jamais. Un coup à vous saper le moral. Mais je vais tâcher de mieux exprimer mon ressenti.

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Les petites fées de New-York de Martin Millar

   Le résumé m’avait bien emballé, la couverture était mignonne et puis… Ça parlait de fées ! Les petites fées de New-York de Martin Millar semblait réunir des arguments de poids pour en faire un bon moment de lecture. D’ailleurs Vert, Valériane et AcrÖ s’accordent à dire que c’est un très bon livre… A côté duquel je suis sans doute passée. En effet, l’histoire rocambolesque ne m’a arraché que quelques sourires alors qu’il semblerait que l’humour soit le cœur de cet ouvrage. Chronique d’une lectrice difficile en humour…

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De la terre dans la bouche d’Estelle Tharreau

Je me suis plongée dans le dernier livre d’Estelle Tharreau avec beaucoup de curiosité et plaisir, gardant d’elle un bon souvenir de la lecture de son précédent ouvrage. Et je n’ai pas été déçue par De la terre dans la bouche dont je vais vous parler. Merci à la maison d’édition Taurnada pour sa confiance renouvelée !

Elsa hérite de sa grand-mère une petite cabane perdue près du village de Mont-Eloi. Elle va rapidement se rendre compte quelle n’est pas vraiment la bienvenue. Il semblerait que sa grand-mère a été mêlée à une sombre histoire qui s’est déroulée pendant la seconde guerre mondiale.

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La Passe-miroir – Tome 2 – Les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos

   J’ai poursuivi dans ma lecture de la tétralogie de Christelle Dabos après avoir dévoré le tome 1, Les fiancés de l’hiver qui m’avait totalement convaincu, je me suis plongée dans ce tome 2, Les disparus du Clairdelune… Que j’ai tout autant dévoré ! Reçu à Noël sous le sapin, j’ai profité de quelques jours de congé en février, dans le froid et la neige pour retourner sur l’arche du pôle en compagnie d’Ophélie et de Thorn. Je n’ai pas été déçue de ce deuxième opus qui étoffe le récit autant que les personnages. Le mystère autour de Farouk et d’Ophélie s’épaissit également et on s’interroge sur l’avenir de l’un comme de l’autre. Autant la fin du premier tome permet de se poser avant de poursuivre, autant la fin de ce deuxième tome m’a donné envie de me jeter sur le suivant… Mais patience, il est prévu qu’on me l’offre alors je prends mon mal en patience (mais ce n’est pas évident !!). Même si j’essaie d’être prudente quand je rédige mes chroniques, j’invite celles et ceux qui souhaitent lire cette saga ou qui n’ont lu que le tome 1 à ne pas lire ma chronique, je risque de vous gâcher le plaisir de la découverte…

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Tag PKJ du lecteur

Vu chez Kiriiti’s Blog, ce tag que vous pouvez retrouver sur le site des éditions Pocket Jeunesse m’a paru sympa à faire, alors je me lance. Une reprise en douceur sur le blog après une période fatiguante qui m’a laissé peu de temps pour écrire…

1) Quel est votre premier souvenir de lecture ?
J’ai eu la chance d’avoir des parents qui me lisaient des histoires le soir… Alors mon premier souvenir reste un livre sur Les indiens d’Amérique, un peuple qui m’a toujours beaucoup intrigué. Le livre était magnifiquement illustré. Mon papa me l’a lu et après je l’ai beaucoup, beaucoup, feuilleté/relu.

2) Quel est le plus vieux livre de votre bibliothèque ?
Je suis partie de l’idée du livre le plus ancien en terme d’âge et non pas en terme de temps de possession. Sans hésiter, deux livres de Frédéric Dard, deux San Antonio, dont Les souris ont la peau tendre. Une édition qui doit dater de 1975, ça sent le vieux papier qui a jauni, a été tâché mais j’y suis attachée. Acquis lors d’une braderie Emmaüs en l’occurence (quelle mémoire n’est-ce pas !).

3) Avez-vous un genre de prédilection ? Si oui, quelle est votre dernière lecture du genre ?
Mes envies varient en fonction de mon humeur, la saison… Je dirai plus qu’il y a un style avec lequel j’ai beaucoup de mal, à savoir l’autobiographie, le livre testament politique, je passe mon chemin. Après, je lis de la romance (à petite dose), de la fantasy, du fantastique et du policier (à plus haute dose !)

4) Avez-vous un auteur favori ? Si oui, quel est votre livre préféré de cet auteur ?
Aaaah, quelle question difficile !! Je suis tombée littérairement amoureuse de Erri de Luca. Sa plume poétique est un refuge, à travers sa vie, ses histoires personnelles, il dépeint tout un monde. Il mêle souvent une touche de fantastique dans ses récits. Bref, je crois que je peux dire qu’il est mon auteur favori. De lui, me reste en tête vraiment, Histoire d’Irène. Je garde encore le goût du sel sur les lèvres et la sensation de chaleur du rocher sur lequel notre protagoniste s’étend…

5) Quel est votre dernier achat livresque ?
Euh. Houlà. Alors avec la trêve de Noël et le projet d’attaquer ma PàL à bras le corps, j’arrive à me tenir et à ne pas acheter de livres (un craquage devrait intervenir incessament sous peu en raison de lectures laborieuses…). Je pense donc que mes derniers achats remontent à la dernière Grande Op de Bragelonne durant laquelle j’ai acquis plusieurs livres (impossible de dire quel fut le dernier ajouté !) : la trilogie des pirates de l’escroc-griffe, les deux premiers tomes de l’épée de vérité de Terry Goodkind, Les illusions de Sav Loar de Manon Fargetton.

6) Quel est le dernier livre qu’on vous a conseillé ?
Via le défi lecture 2018 et un groupe Facebook Accro aux livres, je croule sous les conseils !! Je crois que le dernier qui me reste en tête c’est « Tu as promis que tu vivrais pour moi » de Carene Ponte, que j’envisage de lire.

7) Quel est le dernier livre que vous avez conseillé ?
San Antonio, Les souris ont la peau tendre à ma soeur qui avait envie d’une lecture facile et agréable. C’est tellement ciselé ce qu’il écrit… Je suis une adepte de Frédéric Dard (héritage parental !).

8) Quelle est votre lecture en cours ?
L’anneau de Moebius de Franck Thilliez dans lequel je ne parviens pas à rentrer malgré déjà 220 pages lues. Je m’ennuie. Je vais le terminer pour ne pas rester sur les bras avec à nouveau un livre entamé et parce que j’ai l’espoir que cela s’améliore. Je lis également, dans un tout autre style, Notre-Dame-aux-écailles de Mélanie Fazi, un recueil de nouvelles qui s’annonce doux et poétique.

9) Quel est le livre de votre PAL qui vous fait le plus envie ?
Architective : Les reliques perdues de Mel Andoryss, parce que j’ai envie d’un livre jeunesse sans prise de tête, facile à lire… Le résultat de lecture dernièrement laborieuses. Mais ça peut changer en cours de route. Les illusions de Sav Loar de Manon Fargetton me tente aussi beaucoup.

10) Citer un livre que vous avez relu.
Je ne relis quasiment jamais mes livres (trop d’envies de lecture). Mais la seule série qui échappe à ce principe et dont je suis en train de reprendre la lecture c’est Harry Potter. A série exceptionnelle, traitement exceptionnel !

Je reste assez écléctique dans mes réponses, je crois que j’ai toujours autant d’attachement à tous les styles pourvu que je prenne du plaisir à lire ! Et vous, que lisez-vous ? Qu’aimez-vous ? Et que me conseillerez-vous ?

Maêlle

Salon du Livre à Paris et #PAYETONAUTEUR

   Je suis complètement en retard quant à la publication d’articles sur le blog (promis à venir, deux nouveaux articles, l’un sur la série Le pouvoir des innocents, l’autre sur Les disparus de Clairdelune). Mais je prends cinq minutes pour parler d’une polémique qui enfle autour du futur salon du livre de Parism Livre Paris qui se tiendra dans quelques semaines. ActuaLitté en parle drôlement bien alors je vous laisse leur article en guise d’introduction et Dear Ema est tout aussi révoltée que moi.

   Une chose est claire, ce blog n’existerait pas sans auteurs, ni autrices. Le monde littéraire n’existerait pas sans les cerveaux géniaux, les capacités créatives, les idées foisonnantes, les coups de crayon somptueux, les histoires qui nous transportent… Tout cela, et bien plus encore, est issu des auteurs, des autrices, des dessinateurs, des dessinatrices, des illustrateurs et illustratrices. Grâce à eux, les maisons d’édition peuvent éditer des livres, des ouvrages, des documentaires. Et gagner de l’argent.

   Le secteur du livre est un secteur difficile pour presque tout le monde. Il est extrêmement difficile de se faire une place dans ce milieu, de percer quand on souhaite être édité. Certaines maisons d’édition se portent bien mieux que d’autres, soyons réalistes, Hachette et Gallimard s’en sortent globalement mieux que les petites maisons qui tentent d’éditer parfois des choses nouvelles, et qui, à bout de souffle, finissent pas fermer leurs portes. Mais les grandes ne sont pas à l’abri de revers de fortune, je pense à Bragelonne qui a du cesser la collection Romance de chez Milady et explique d’ailleurs les raisons de cette fin qui les attriste autant que les lecteurs.

   Donc si tous les acteurs du monde de l’édition parviennent à vivre, c’est grâce au travail de l’auteur ou de l’autrice. Pourtant, il est bien souvent le moins bien rémunéré de toute la chaîne (Marine Nina qui est du milieu explique très bien la façon dont les auteurs sont rémunérés). Qu’on se le dise, tout le monde n’est pas Marc Lévy, Guillaume Musso ou Amélie Nothomb. Samantha Bailly, autrice jeunesse l’a d’ailleurs rappelé dans un tweet :

 

   Or l’entrée au Salon du Livre de Paris, c’est 8€ un jour de la semaine, 10€ le samedi ou le dimanche, 29€ le pass Grand Lecteur, 6€ pour le tarif réduit et gratuit pour les moins de 18 ans. Êtes-vous déjà allé dans ce salon ? Pour ma part oui. C’est immense. C’est une gigantesque librairie avec des stands pour chaque maison d’édition. Et vous savez ce qui attire les foules ? Les auteurs ou autrices en dédicace. Amélie Nothomb fait bouger les foules autant que Pierre Lemaître (deux auteurs présents quand j’y étais). Sans eux, le concept de payer pour entrer dans une librairie géante n’aurait absolument aucun intérêt. Les conférences, tables rondes et ateliers ont aussi leurs charmes et concourent à faire venir les lecteurs de tout poil.

   Ajoutons à cela que Livre Paris fait payer ses stands à des tarifs élevés (j’hésite à dire prohibitifs. J’ai vu circuler sur Twitter un document de demande de stand avec les prix, c’est assez hallucinant). Donc tout cela génère de l’argent. Je pourrais aussi en remettre une couche, à savoir que quand nous y sommes allés, nous avons eu le droit à la remarque « Les livres extérieurs au salon sont interdits. » Vous voyez l’aberration ? Si vous venez parce que vous avez aimé Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, c’est que vous l’avez lu et apprécié, et parfois acheté. Et que vous aimeriez une dédicace. Vous avez moyennement envie d’acheter une deuxième fois votre livre une fois à l’intérieur. Une pratique déjà vu au FIBD qui me sort par les yeux (les auteurs et illustrateurs de BD aussi sont à la peine…). Et qui avait amené les auteurs a faire part de leur mécontentement en 2016. En 2017, c’était l’entrée qui était vivement critiquée. Mais visiblement Livre Paris a du mal à comprendre. Alors cette année ils ont innové. Ils ont décidé que certains auteurs qui interviendraient en conférence, table ronde ou atelier, ne seraient pas payés. Au motif qu’ils en profitent pour faire la promotion de leur livre. Donc c’est de la pub gratuite. Pourquoi l’auteur irait se plaindre ? Dans sa grande générosité, Livre Paris leur offre une tribune pour faire de la publicité. En échange ils viennent gratuitement papoter, dédicacer. Ils font venir plein de monde, Livre Paris engrange l’argent et ne verse rien aux auteurs. Les chanceux ! J’exagère à peine.

   L’ampleur de la polémique ne cesse d’enfler et je crois sincèrement que les auteurs, aussi solidaires soient-ils entre eux (quoique j’attends toujours que certains « invités prestigieux » prennent la parole à ce sujet) ont besoin du soutien de leurs lecteurs. Il y a des auteurs qui vont venir au salon et que j’aurais aimé rencontrer. Mais la mentalité qui règne sur cet événement depuis que j’y suis allée, m’a rebuté à y retourner. Si cet événement se permet ce genre de comportement, c’est parce qu’il argue de la présence en masse de personnes et donc des retombées indirectes de la publicité dont bénéficieront les auteurs, autrices et maisons d’édition.

   Seulement, si on refuse tous qu’il maltraite ceux qui nous font rêver, qui nous font nous révolter, nous indigner, nous font vivre pléthores d’émotions, en refusant de nous y rendre, je parie que nous aurons plus de poids que les organisateurs. Et avec un peu de chance, ils finiront par comprendre que tout travail mérite salaire, qu’être auteur, illustrateur c’est un métier qui a ses contraintes aussi et pour lequel il convient de rémunérer dignement celui qui l’accomplit. Ca passe par le fait de rémunérer un auteur qui prend le temps de se déplacer sur Paris durant plusieurs jours pour aller à la rencontre de ses lecteurs, donner des conférences, animer des ateliers. Ca semble évident non ?

Alors #PAYETONAUTEUR ou tu n’auras plus de visiteurs Livre Paris.

Maêlle

Pas parler de Lydie Salvayre

   Prix Goncourt 2014, Pas parler de Lydie Salvayre m’a surtout attiré pour la magnifique couverture en édition limitée de chez Points. Des poches soignés et mis en valeur, je trouve l’initiative vraiment sympa ! Bien sûr, le résumé m’a intrigué d’autant que le livre place son histoire durant une partie de l’histoire espagnole difficile, à savoir la guerre civile de 1936 dont découlera l’arrivée au pouvoir de Franco avec la dictature qui suivit. Je pense que cet épisode historique tend à être minimisé ou occulté par la montée du nazisme et du fascisme en Europe. En 1936, Hitler était déjà chancelier allemand, Mussolini est le Duce en Italie et les deux pays se rapprochent dangeureusement. A sa façon l’Espagne n’échappe pas à l’instabilité politique qui s’installe sur le vieux continent. Et tout cela, nous le découvrons à travers Montse, la mère de la narratrice et autrice, et à travers un écrivain espagnol Bernanos auteur Les grands cimetières sous la lune. Deux témoins d’une époque bouleversante où la noirceur humaine va se révèler.

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