Poumon vert de Ian McLeod

   C’est grâce à l’opération Bol d’air, menée par plusieurs maisons d’édition, que j’ai pu découvrir cette nouvelle étonnante. Pour ceux qui ne connaissent pas, sachez que plusieurs éditeurs se sont réunis et ont proposé pendant tout le confinement une œuvre à découvrir gratuitement par jour. C’est une superbe fenêtre sur la culture littéraire et par là même une excellente occasion de découvrir des auteurs et autrices venues d’horizons variés. Comme il y a le challenge Maki et le défi Cortex en cours par chez moi, j’essaie d’être stratégique puisque je peine à lire et je chronique à la vitesse d’un escargot. Donc je fais des combos et voici le premier : une nouvelle d’un auteur occidental. Bon après cette longue mise en bouche, qu’est-ce que j’en dis de cette histoire ? Et bien que j’ai persévéré grâce aux encouragements d’une twitteuse et que j’ai bien fait.

Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal pour s’installer avec ses trois mères à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille. Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées. Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards — oui, un… mâle.

   L’auteur nous plonge directement dans son histoire. Principe de la nouvelle, la mise en place de l’environnement comme des personnages est très bref. Cela ne pose aucune difficulté quand l’histoire se déroule dans un monde similaire au notre mais ici ça n’est pas le cas. Nous découvrons au fur et à mesure un monde étrange, aux saisons marqués, aux événements surprenants. Outre les descriptions des paysages, l’auteur nous dépeint une société quasi-exclusivement féminine poussant le détail jusqu’à féminiser tout son texte. Le féminin prend le dessus sur le masculin dans les accords. Il y a donc une totale cohérence entre ce qu’il décrit et la façon dont il le fait ; j’ai aimé ce souci du détail.

   J’ai été un peu perturbée par le premier quart, peinant à trouver mes marques tant dans l’univers que dans le style de l’auteur. Et c’est Magali Lefebvre qui m’a encouragé à continuer, me parlant de sa lecture comme d’un vrai coup de cœur et m’invitant à poursuivre. J’ai suivi son conseil et je dois avouer qu’elle avait parfaitement raison ! Petit à petit tout se dénoue, l’histoire suit son cours et nous entraîne avec elle dans les rues de la ville, près de la mer ou dans la forêt. Je me suis sentie peu à peu immergée dans ce monde et suis devenue amie avec Jalila.

   C’est un récit initiatique court mais bien écrit. Nous suivons l’évolution de Jalila et j’ai aimé la voir changer au gré des événements. La voir grandir et devenir une adulte. Les choix qu’elle fait, son manque de clairvoyance sur certaines relations qu’elle nourrit génère chez nous une indéniable empathie à son égard. En même temps j’ai décelé chez elle une certaine force et une détermination qui apportent au personnage une profondeur intéressante. Et c’est important de le souligner car le style de la nouvelle limite drastiquement le nombre de personnages, donc que le principal soit réussi est important pour la lectrice que je suis.

   Je terminerai par un mot sur la couverture d’Aurélien Police. Je suis absolument admirative des couvertures de cet illustrateur. Elles condensent toujours l’essentiel de l’histoire. Il trouve le moyen d’y faire figurer l’essence même d’un récit. Elles sont pleines de poésie, de beauté. Le travail de cet artiste est magnifique, je vous invite à jeter un œil aux autres titres de la collection, vous verrez que cela ne se dément pas.

Bonne lecture !

Maêlle

Lecture proposée dans Le challenge Maki et Le défi Cortex !

Kappa16 de Neil Jomunsi

   Voilà un nom qui ne m’était pas inconnu avant même de commencer ma lecture. Neil Jomunsi, on le croise ici et là, notamment sur Twitter. À l’occasion du confinement, l’auteur a très gentiment offert son court roman Kappa16 que j’ai dévoré en quelques heures, portée par une plume extrêmement agréable.

Kappa16 par Jomunsi

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Nous sommes légion (nous sommes Bob) de Dennis E. Taylor

   C’est le titre qui a attisé ma curiosité et m’a poussé à acheter ce roman lors d’un grosse op Bragelonne. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre si ce n’est à un roman de science-fiction et j’ai été servie ! Si je n’avais pas toutes les (nombreuses) références de l’auteur à d’autres œuvres de la SF, j’ai quand même tout compris et particulièrement apprécié ma lecture quoique parfois un peu longue. Et la multiplication des points de vue m’a un petit peu embrouillé contrairement aux informations scientifiques délivrées tout du long du récit et intelligemment distillées. Je n’ai que très peu d’accointances avec la science mais suffisamment avec la conquête stellaire pour me laisser emporter par ce récit de SF absolument… Unique.

Nous sommes Bob, tome 1 : Nous sommes Légion par Taylor

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La passe-miroir – Tome 4 – La tempête des échos de Christelle Dabos

   Il était temps enfin, que je vous parle de cet ultime tome de la série La passe-miroir de Christelle Dabos, La tempête des échos. Il m’a fallu, sans doute, un peu de temps pour « digérer » une certaine déception.

   De prime abord, j’ai fermé le livre en me disant que la fin était trop intense, que j’étais encore dans un maelström d’émotions. Il m’était difficile d’en parler à d’autres que celles et ceux qui avaient pu le lire. C’est ainsi que j’ai beaucoup apprécié pouvoir échanger au cours de ma lecture et plus particulièrement sur la fin avec AcrÖ.

   Ce tome n’est pas mauvais. Je ne suis pas vraiment déçue. Plutôt frustrée. Il y avait un tel potentiel ! On commençait si bien ! Et patatras, un dernier tome qui n’est pas à la hauteur. J’avais déjà moins apprécié ma lecture du tome 3 mais je le voyais comme un tome de transition, qui n’impactait pas mon enthousiasme pour l’histoire. Ce tome 4 me fait le même effet. Il n’a pas impacté mon affection pour la série mais j’ai trouvé qu’il ne tenait pas toutes ses promesses.

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Encore un défi…

Bon. D’abord, c’est de la faute à Netflix. Oui. Toutafé. Aucune mauvaise foi là-dedans. Ils ont réalisé une excellente série de fantasy : The Witcher. Tirée d’une série littéraire, en français Le sorceleur, que j’ai désormais très très envie de découvrir – vous avez vu ces magnifiques couvertures ?

Je m’épanche sur ce sujet sur Twitter et voilà que Lune me tombe dessus, telle une licorne innocente descendue de son arc-en-ciel et qui me dit que l’auteur est polonais (ce que j’avais découvert en me renseignant sur la série) et que bah dis donc, oh bah là vraiment, quelle coïncidence, ça irait super bien dans son tout nouveau défi Minus et Cortex SFFF takes over the world. Ai-je besoin de préciser que lors d’un précédent sondage j’avais dit que ce genre de défi m’intéresserait ? Bref.

Suite à une convergence cosmique, je me vois obligée de participer à ce défi. Comment faire autrement quand tous les astres s’alignent et que la magie se répand pour me faire rencontrer UN livre qui colle parfaitement avec UN défi. Au risque sinon de contrarier la destinée et donc de mettre un bazar pas possible dans le chaos. Bazar – pour rester polie – qui retomberait sur tout le monde. Je ne souhaite pas être responsable de tant de désastres, aussi je m’incline devant ces forces supérieures. Rien que ça.

Ce challenge a plusieurs avantages. D’abord, il dure un an. Donc je m’inscris au niveau Minus qui consiste à lire 4 ouvrages, parce que bon, même si j’ai des envies boulimiques de lectures SFFF on ne sait jamais ce que l’année me réserve. Ensuite, il est cumulable avec d’autres défis, donc je sens que je vais tenter des combos Projet Maki/Minus et Cortex.

Mon année sera donc SFFF accompagnée de Maki Catta, de souris et de plein de blogueurs.euses dans une joyeuse ambiance. Chouette !

Et vous alors, tenté ?

Maêlle

 

Celui qui venait du froid de Jean-Michel Calvez

   Il aura fallu le challenge Maki pour que je lise une nouvelle gagnée lors d’un précédent challenge organisé par… Un papillon dans la lune. Non mais à part ça, mes étagères emplies de livres ne me posent aucun souci et je n’oublie aucun ouvrage. Voyons. Quelle idée…

   Pour le coup, elles n’ont rien à voir avec cet oublié puisque la nouvelle de Jean-Michel Calvez intitulée Celui qui venait du froid, était conservée sur ma liseuse. Depuis quelques mois maintenant, je m’astreins à acheter beaucoup moins de livres et à piocher davantage dans ce que je possède déjà. Et ce pour éviter le désagrément d’avoir acquis un livre qui me faisait envie, et dont l’attrait au fil du temps s’est étiolé. Le challenge Maki a ça de bien qu’il va me permettre de dézinguer pas mal de livres en attente. Et aujourd’hui je suis beaucoup plus radicale : ça me plaît je lis, ça ne me plaît pas, j'(aban)donne.

   Après cette introduction complètement hors sujet avec ce qui nous intéresse, revenons à la nouvelle de Jean-Michel Calvez. La nouvelle est un exercice exigeant pour un auteur puisqu’il faut réussir à passionner son lectorat en faisant court.

Celui qui venait du froid - Jean-Michel Calvez - Babelio

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Lésions intimes de Christophe Royer

   Merci aux éditions Taurnada pour la découverte du roman Lésions intimes de Christophe Royer, ce fut une bonne découverte ! J’ai apprécié les différents personnages de ce polar sombre et glauque à souhait. Si certaines choses m’ont paru prévisibles, pour le reste j’ai été bien emmenée dans cette enquête rythmée et maîtrisée.

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Blitz – Black out de Connie Willis

   Après ma lecture enthousiasmée et enthousiasmante du roman Interférences de Connie Willis, j’ai voulu poursuivre avec un autre de ses romans, Black out premier tome d’un diptyque, sur-titré Blitz. La quatrième de couverture était prometteuse mais j’ai finalement été déçue par un roman qui traîne parfois en longueur malgré une immersion complète dans les événements de la seconde guerre mondiale.

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Challenge Le projet Maki

   Ces deux dernières années j’ai participé au challenge Défi lecture. Et si celui-ci a été sympa car m’a permis d’échanger un peu avec d’autres lecteurs.rices, j’ai trouvé aussi qu’on tournait un peu toujours autour des mêmes auteurs et des mêmes livres. J’ai donc décidé cette année de me tourner davantage vers des challenges avec des thématiques un peu plus éloignées de ma zone de confort et qui au passage me permettraient de faire un peu de vide dans mes livres en attente de lecture. C’est grâce à Lune via l’oiseau bleu que j’ai pris connaissance du projet Maki. Yogo nous propose de participer à un challenge consistant à lire des formats courts issus des lectures de l’imaginaire. Avec pour objectif ultime le Maki Catta soit la lecture de 52 formats courts, un par semaine. Mais je vous rassure, il y a plein de paliers intermédiaires !

   J’ai donc décidé d’y participer à hauteur de 13 lectures de nouvelles, novellas, recueils… Je pense pouvoir tenir cet objectif grâce à quelques anthologies qui traînent sur mes étagères mais aussi avec quelques envies de lecture qui trouveraient toute leur place dans ce défi, notamment découvrir Liu Cixin, peut-être à travers Terre errante dont Lune a parlé et La ménagerie de papier de Ken Liu qui me donne très très envie.

   Le blog va donc s’agrémenter de chroniques de formats courts, il y avait bien longtemps que ça n’était pas arrivé ! Pour plus d’informations vous pouvez directement aller voir chez Les lectures du Maki comment le challenge s’organise.

A très bientôt pour de nouvelles lectures !

Maêlle

Les voix du crépuscule de Lisa Unger

    Sept ans. C’est le temps qu’il m’aura fallu pour sortir Les voix du crépuscule de Lisa Unger de mes étagères. Offert par des amies qui me sont proches, grandes lectrices toutes deux également, je n’étais pas encore parvenue à rentrer dans ma lecture. J’avais essayé à plusieurs reprises de me plonger dedans, en vain. Je n’accrochais pas aux premières pages et faisais le choix de le poser pour tenter ultérieurement. A force de repousser, cela a fini par se compter en années. Mais l’important c’est que j’y suis finalement parvenue et que j’ai rapidement dévoré les pages.

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