La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude Grumberg

   Il était une fois… Once upon a time…

   Combien de contes ont bercé votre enfance ? Grimm, Perrault et compagnie sont autant de noms connus qu’appréciés, même si pour beaucoup, nous connaissons davantage la version édulcorée de Walt Disney. Qu’importe, et si le style revenait à la mode ? Et si, nous nous mettions, à nouveau, à croire en ces histoires qui finissent bien malgré la cruauté des épreuves infligées aux protagonistes ? C’est le pari de Jean-Claude Grumberg pour son livre-conte La plus précieuse des marchandises. Et ça fonctionne…

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Crimes de papier – retour sur l’affaire Papon – Johanna Sebrien & Jean-Baptiste B

   Événement incontournable de la planète BD (dont Ludo parlera surement beaucoup mieux que moi dans un prochain article sur Les singes de l’espace…) le festival international de la BD s’est déroulé comme à son habitude à Angoulême, du 31 janvier au 3 février. Malgré un week-end chargé je ne pouvais pas passer à côté de cet événement situé si près de chez moi. Alors j’y suis allée.

   Bon le mauvais jour (entendez donc le samedi) mais « à cœur vaillant rien d’impossible » ! Et la preuve, étant arrivés assez tôt, nous avons pu aller dans la bulle des grands éditeurs (Casterman, Glénat, Soleil, Dargaud et Cie) sans faire 1h30 de file d’attente… J’ai osé détourner les yeux de Hugault qui était en dédicace au vu de l’attente (comment ai-je pu faire ça ? Je l’ignore moi même et je ne m’en remets toujours pas !) pour découvrir avec surprise que Don Rosa (« La jeunesse de Picsou » qui a été rééditée il y a peu pour les ignorants) venait lui aussi (pour dédicace OU signatures selon affluence… Je vous laisse deviner ce que la majorité a du récolter !) J’ai donc eu l’espoir (insensé je le conçois) de voir Hiromu Arakawa débarquer à Angoulême (auteur des FMA pour ceux qui sont perdus) surtout en sachant que le créateur d’Albator, Leiji Matsumoto, était là !! Mais bon cessons là mes jérémiades et voyons l’essentiel…

   J’ai eu le coup de cœur ! Pour deux choses. D’abord l’exposition au sein du palais de justice d’Angoulême « Au nom de la loi ». J’ai trouvé ça extrêmement bien et intelligent qu’un palais ouvre ses portes lors d’un festival d’une si grande renommée surtout pour accueillir une exposition qui est là pour expliquer beaucoup de choses à travers les illustrations du 9ème art. Très bien montée et intéressante, elle restera un de mes moments privilégiés du festival. Mon second coup de cœur a une couverture, du papier à l’intérieur, raconte une histoire drôlement bien dessinée… Comment ça j’ai craqué ? Pas du tout ! J’ai juste pas pu m’empêcher de fondre et d’acquérir « Crimes de papier ». Un roman graphique selon l’éditeur (qui est Acte Sud – l’an 2) qui se révèle un vrai petit bijou. Surtout quand il s’orne d’une dédicace du dessinateur devant lequel je suis restée baba (et sans doute totalement idiote) la langue plombée impatiente de voir le dessin ! Bon j’ai quand même réussi à me fendre d’un merci après un « super » et d’un « bonne continuation-bon courage ». Quel exploit… Promis la prochaine fois je ferai mieux.

J'adore !
J’adore !

   Donc pour le festival, si vous voulez connaître les heureux gagnants c’est par , pour ma critique ne bougez pas elle débarque !

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Zones sensibles – Céline Bardet

   J’ai entendu parler de ce livre pour la première fois sur France Inter le matin lorsqu’il y avait une chronique littéraire (je ne l’entends plus ou alors ils l’ont changé d’heures)  J’ai toujours été fascinée par les institutions internationales : Tribunal Pénal International de la Haye, pour l’ex-Yougoslavie, celui qui a été créée pour le Rwanda… Bref, un sujet qui me plaisait à tel point que j’avais fais un travail de groupe au lycée sur la problématique de la place des USA dans le droit international. Alors quand le chroniqueur a parlé d’une juriste de terrain qui a travaillé pour plusieurs organisations internationales notamment pour combattre les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, je me suis empressée de noter son nom et le titre sur un bout de papier. Il m’aura fallu plusieurs mois mais j’ai fini par le commander. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Le droit international est technique, même si le droit pénal international me plaisait je ne suis pas une spécialiste en ce domaine loin de là. Je craignais qu’elle ne soit trop « juriste » et donc abstraite. Mes craintes furent balayées dès les premières phrases. Un langage simple à la portée de tous. Nul besoin de connaître le fonctionnement des institutions, elle vous les explique rapidement et clairement par des mots courants. On comprend ce qu’elle nous raconte et cela permet de savourer. Il est clair que le thème est très spécifique, je doute que cela plaira à tout le monde. Moi j’ai adoré et dévoré son livre qui est une porte ouverte pour comprendre les organisations internationales qui interviennent dans le monde. Alors qu’elles nous paraissent éloignées et abstraites, on découvre leur intérêt et leur rôle partout dans le monde. Elle vous explique chaque affaire qui lui a tenu à cœur et c’est à travers le récit de son parcours professionnel que l’on découvre le fonctionnement du TPI de la Haye, les exactions commises lors de la guerre de Bosnie et la manière dont la justice internationale tente de fonctionner pour apporter des réponses et soulager les victimes. Malgré le nombre impressionnant de ces dernières, on constate rapidement qu’il y a peu d’affaires en cours et on imagine la frustration ressentie par l’auteur de ne pas parvenir à déférer plus de coupables devant les tribunaux. Mais là encore, elle tempère et explique la mentalité des balkans. Il est important, pour ne pas dire essentiel, de connaître le mode de fonctionnement de ces peuples. Leur mentalité est différente de la nôtre, leur histoire aussi, Céline Bardet nous donne les clés pour tâcher de les comprendre. J’ai aimé cette démarche pédagogique qui m’a fait aller à la rencontre d’un peuple, d’un pays (la Bosnie Herzégovine) qui est en pleine reconstruction. Malgré des élections et l’impression que tout se déroule bien, à travers les yeux de l’auteur on découvre l’envers du décor : tensions ethniques encore à leur comble, pays scindé en deux (entre la fédération de Bosnie-Herzégovine et la république des serbes de Bosnie) coupables de crimes durant la guerre qui croisent des survivants, des parents de leurs victimes dans la rue. Je vous laisse imaginer l’ambiance. D’ailleurs, le poids de cette ambiance se fait ressentir à la fin du livre et on comprend l’envie de partir. Céline Bardet se donne à fond dans son métier, on la suit avec grand plaisir mais avec elle on s’essouffle également. Le droit pénal international peut encore évoluer, l’aspect judiciaire peut encore largement être amélioré notamment grâce à des gens comme Céline Bardet, des gens de terrains, qui ont expérimenté ce qui a été mis en place. Ils sont les plus à même de faire changer les choses dans le bon sens : celui de la justice et de la démocratie.

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