Pas parler de Lydie Salvayre

   Prix Goncourt 2014, Pas parler de Lydie Salvayre m’a surtout attiré pour la magnifique couverture en édition limitée de chez Points. Des poches soignés et mis en valeur, je trouve l’initiative vraiment sympa ! Bien sûr, le résumé m’a intrigué d’autant que le livre place son histoire durant une partie de l’histoire espagnole difficile, à savoir la guerre civile de 1936 dont découlera l’arrivée au pouvoir de Franco avec la dictature qui suivit. Je pense que cet épisode historique tend à être minimisé ou occulté par la montée du nazisme et du fascisme en Europe. En 1936, Hitler était déjà chancelier allemand, Mussolini est le Duce en Italie et les deux pays se rapprochent dangeureusement. A sa façon l’Espagne n’échappe pas à l’instabilité politique qui s’installe sur le vieux continent. Et tout cela, nous le découvrons à travers Montse, la mère de la narratrice et autrice, et à travers un écrivain espagnol Bernanos auteur Les grands cimetières sous la lune. Deux témoins d’une époque bouleversante où la noirceur humaine va se révèler.

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Conte de Noël de Charles Dickens

   J’ai continué à me délecter de la savoureuse écriture de Charles Dickens. Pour ce vendredi fantomatique du challenge Halloween de Lou & Hilde, j’ai opté pour Conte de Noël de Charles Dickens. Dire que j’ai aimé est peu dire et je n’ai qu’un seul conseil : lisez le à vos enfants (ou avec eux !). Et je vais tâcher de vous donner envie de le faire !

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Le Caravage – Première partie La palette et l’épée de Milo Manara

   Comme toute actualité, on a parfois besoin de relais pour être informé des dernières nouveautés. C’est ce qu’il m’a fallu pour apprendre la sortie d’un nouvel ouvrage de bande-dessinée signé Milo Manara. Est-il utile que je présente ce monstre sacré de la bande-dessinée, né le 12 septembre 1945 en Italie ? Ami d’Hugo Pratt avec qui il partagera quelques ouvrages (Un été indien qui obtiendra le Alfred du meilleur album étranger au festival d’Angoulême de 1987), Milo Manara a acquis une immense notoriété en devenant LE dessinateur de bandes-dessinées érotiques des années 80 avec son célèbre « Le Déclic« . Et voilà que j’entends parler italien dans l’émission Boomerang d’Augustin Trapenard sur France Inter le matin, que j’affectionne tout particulièrement. L’animateur, également présent sur le plateau du Grand Journal chaque soir, promeut une culture éclectique et riche, nous emmenant à la découverte d’auteurs, d’acteurs, de réalisateurs, de dessinateurs aussi variés qu’enrichissants. Et ce jour-la il recevait Monsieur Milo Manara pour son dernier album Le Caravage, un diptyque consacré au peintre du même nom.

   Milo Manara ne fait pas que de la bande-dessinée érotique pour celles et ceux qui se seraient arrêtés à ce pan-la de son univers foisonnant. Et même si il ne faisait que cela, on ne pourrait guère lui reprocher tant sa façon de dessiner les femmes est un hommage à la beauté féminine. Mais ça n’est pas le cas dans cet ouvrage dont je vais vous parler. Milo Manara use de son magnifique dessin pour nous livrer une leçon d’histoire.

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Traité sur la tolérance – Voltaire

   Traité : ouvrage didactique où l’on traite d’une manière systématique d’un sujet (selon Larousse). Peut-être l’avez-vous lu à l’époque du lycée ou en avez-vous entendu parler longuement lors des événements tragiques de janvier, toujours est-il qu’il est difficile aujourd’hui d’ignorer l’existence du Traité sur la tolérance de Voltaire. On nous a rabâché les oreilles qu’il « fallait » le lire sans nous dire vraiment pourquoi si ce n’est parce qu’il avait un lien avec l’actualité. Un peu léger quand on voit la quantité d’informations servies pendant ces jours d’hiver.

   Pour ma part, j’étais un peu sceptique. Je ne dis pas que les livres ne peuvent pas traverser le temps, loin de moi cette idée. Mais je me faisais la remarque qu’il était presque inquiétant que nous devions revenir à un traité du XVIIIème siècle pour parler d’un sujet aussi essentiel, central que la tolérance aujourd’hui. Parce que quoiqu’on en dise, la société royaliste (ou impériale) n’était pas vraiment l’image même de la tolérance. Cela voulait donc dire que notre société partait à nouveau dans les mêmes travers. Constat plutôt triste. Ensuite, je me suis demandée pourquoi on ne mettait pas en avant un ouvrage plus récent, convaincue qu’un philosophe, qu’un sociologue ou tout autre personne, a sûrement parlé de la tolérance dans notre société actuelle (Je suis sûr qu’Agustin Trapenard a une petite idée d’auteurs à nous conseiller !). Voltaire n’est pas vraiment un auteur contemporain… Mais visiblement sa parole est restée universelle et ancrée dans une forme de modernité pour peu qu’on le lise sous le bon angle.

   Pour autant, j’ai décidé de passer outre mes quelques réticences et de lire ce fameux traité porté aux nues afin d’avoir ma propre opinion sur ce livre. Et de vous en faire part…

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