Culottées de Pénélope Bagieu

   J’avais entendu parler de Pénélope Bagieu après la polémique liée au FIBD dont la sélection ne comportait aucune femme. J’ignorais que de cet événement avait découlé de petites bande-dessinées publiées sur Le Monde. Je connaissais donc la dessinatrice mais pas son œuvre. Et puis j’ai regardé un documentaire sur les viols conjugaux. L’équipe d’Envoyé spécial derrière ce documentaire a fait un travail vraiment très soigné, expliquant bien la création de ce crime dans le code pénal, les raisons et en se focalisant sur l’histoire de trois femmes toutes victimes du même homme. Néanmoins, le tournage s’est trouvé stoppé par la salle d’audience. En effet, sauf sur autorisation, dans des cas très encadrés, il est strictement interdit de filmer dans une salle d’audience. Les assises n’y échappent pas. Mais comment parler de viols conjugaux, du combat de ces femmes sans pouvoir retranscrire l’audience et l’ambiance qui y règne, sans parler du courage qu’il faut à ses femmes ? En envoyant Pénélope Bagieu dessiner pour eux le déroulement des débats. Et c’est ainsi que j’ai découvert par écran interposé le travail remarquable de l’auteure. Ses dessins étaient empreints d’empathie, de respect et ils retranscrivaient précisément ce qui avaient pu se dire tout en montrant les émotions qui traversaient les femmes à la barre. Après ça, je me suis dit qu’il était impératif que je lise une œuvre de cette femme. Mon choix s’est porté sur Culottées pour en avoir entendu du bien et pour le sujet que le sous-titre résume très bien : Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent.

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Fugitives – Alice Munro

Je termine le challenge de Lune (JLNN pour ceux qui commenceraient par la fin…) par un recueil de nouvelles d’une auteur dont nous avons beaucoup entendu parler, et pour cause, elle a reçu le prix nobel de littérature. Pour ceux qui vivraient sur une autre planète, je précise qu’elle est la première auteure de nouvelles (principalement, elle a un roman à son actif) distinguée par ce prestigieux prix. Certains y ont vu une reconnaissance globale du « style » qu’est la nouvelle. Une nouvelle n’est pas un « mini-roman » ou un roman inachevé. La nouvelle est un genre à part entière dans lequel certains excellent et d’autres échouent au même titre que dans le genre romanesque. Peut-être parce que je me suis essayée dans le domaine de l’écriture, que je suis particulièrement sensible à ce style dans lequel il s’avère que je me sens bien, alors que j’ai commencé avec l’ambition d’écrire plutôt un roman… Là où le roman peut prendre son temps, développer personnages, paysages, ressentis, émotions, la nouvelle doit condenser, aller à l’essentiel, trouver le mot juste pour parler immédiatement au lecteur. On n’a pas le temps de s’étaler. La nouvelle va droit à l’essentiel. Et ce dernier varie d’une histoire à une autre : tantôt ce sera un personnage à découvrir, tantôt une émotion, parfois une histoire singulière. La nouvelle se concentre sur quelque chose en particulier. À sa manière, elle développe de manière intense, une chose bien précise définie par l’auteur. Et il ne faut pas perdre le fil de sa pensée, se laisser distraire par l’envie qui consiste à expliciter certaines choses, à en rajouter. Non. La nouvelle c’est aussi l’art de suggérer pour l’auteur et l’art de deviner pour le lecteur. Il est évident qu’Alice Munro est douée dans ce domaine. Indéniablement, j’adhère à la récompense qui lui a été décernée, elle la mérite, elle, mais aussi le genre tout entier qui est derrière. Pour autant, sur un recueil long de 382 pages, comportant 8 nouvelles, Alice Munro n’a pas souvent su me faire vibrer, me faire ressentir ce que j’espérais : des émotions intenses. Mais je vous invite à en parler un peu plus…

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