Pas parler de Lydie Salvayre

   Prix Goncourt 2014, Pas parler de Lydie Salvayre m’a surtout attiré pour la magnifique couverture en édition limitée de chez Points. Des poches soignés et mis en valeur, je trouve l’initiative vraiment sympa ! Bien sûr, le résumé m’a intrigué d’autant que le livre place son histoire durant une partie de l’histoire espagnole difficile, à savoir la guerre civile de 1936 dont découlera l’arrivée au pouvoir de Franco avec la dictature qui suivit. Je pense que cet épisode historique tend à être minimisé ou occulté par la montée du nazisme et du fascisme en Europe. En 1936, Hitler était déjà chancelier allemand, Mussolini est le Duce en Italie et les deux pays se rapprochent dangeureusement. A sa façon l’Espagne n’échappe pas à l’instabilité politique qui s’installe sur le vieux continent. Et tout cela, nous le découvrons à travers Montse, la mère de la narratrice et autrice, et à travers un écrivain espagnol Bernanos auteur Les grands cimetières sous la lune. Deux témoins d’une époque bouleversante où la noirceur humaine va se révèler.

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Le tort du soldat de Erri de Luca

   Les livres se suivent mais ne se ressemblent pas, même au sein de la bibliographie d’un auteur tel qu’Erri de Luca. Je ne taris pas d’éloges sur lui et vous risquez d’en entendre encore quelques longues litanies au vu de son œuvre prolifique. Cette fois-ci je me suis plongée dans Le tort du soldat offert par Lintje. Il fait parti des ouvrages récents de l’auteur.

   Erri de Luca m’a surpris sans me décevoir. J’ai retrouvé ce qui fait son charme d’écrivain et qui m’emporte à chaque fois, même si je dois admettre que celui-ci m’a moins transporté que d’autre. Je l’ai trouvé moins poétique. Mon âme, toujours charmée par les mots de cet auteur italien, n’a pas été bercée de la même douceur que je lui connais habituellement. Portrait d’un livre atypique.

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L’insomnie des étoiles de Marc Dugain

   Une quatrième de couverture étonnante laissant penser qu’un sujet éculé – la seconde guerre mondiale – bénéficierait d’une approche différente. Voilà ce qui m’a indéniablement attiré vers L’insomnie des étoiles de Marc Dugain. C’est un sujet tragique que celui de la guerre quelqu’elle soit. Au revoir là-haut de Pierre Lemaître avait déjà été une sacré aventure livresque mais il concernait la première guerre mondiale. Nous avons été sensibles aux gueules cassées et au gaz moutarde mais le génocide perpétré par les nazis lors du second conflit mondial, auquel s’ajoute quand même deux largages de bombes atomiques, a laissé des traces profondes. Et il me semble juste de dire que nous avons été plus sensibilisés à cette période de l’histoire, notamment via le « devoir de mémoire » dont l’école est le fer de lance. Cet intensif travail de mémoire et d’hommage nous donne l’impression d’avoir épluché ce conflit sous tous les angles. Aussi, réussir à l’aborder sans tomber dans des thèmes déjà usités – l’enfer des camps de concentration, la France occupée en premier lieu – est en soi un défi que l’auteur parvient à relever. Marc Dugain opte pour une certaine originalité puisqu’il décide de nous parler de la France à l’automne de l’année 1945 soit peu de temps après sa libération, mais loin de l’effervescence souvent décrite qui l’a suivie.

Marc Dugain

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« Boro s’en va-t-en guerre » de Franck et Vantrin

      Mon oeil est attiré par une couverture. Un petit quelque chose qui accroche le regard, qui fait que je me penche sur ce livre plutôt que sur un autre lors d’une énorme braderie où s’étale des centaines de livres. Ma main se tend, je le saisis et je me cale dans un coin pour lire la quatrième de couverture. Ça parle de seconde guerre mondiale, de reporter-photographe, d’aventures en tout genre… Je re-regarde cette couverture. Elle me plaît. Le synopsis éveille en moi une certaine curiosité. J’embarque. Je le mets sur ma petite pile de livres à lire. Il patiente sagement dans son coin pendant que je dévore tout un tas d’autre livre. Ma pile s’amenuise, Noël arrive, interdiction d’acheter le moindre livre car on veut m’en offrir. Je me retourne donc vers ma pile d’histoires en attente et me décide pour ce bouquin qui m’avait drôlement attiré. J’examine la couverture et je trouve une petite phrase : « Couverture d’Enki Bilal ». Ah. Je comprends mieux pourquoi j’ai aimé ! Je ne suis pas une grande fan des histoires d’Enki Bilal mais j’aime énormément ses dessins que je trouve plein d’émotions : on sait ce que pense le personnage représenté. Et c’est ça : sur la couverture s’étale un homme au visage un peu hâlé, une canne à la main. C’est Boro j’en suis sûr. Et rien qu’à regarder la couverture, je l’imagine bel homme, boiteux et surtout plein d’une détermination sans faille. Gagné ! Allez on laisse la couverture et je vous invite à découvrir l’histoire qui se cache derrière elle.

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