Au-revoir Sir Terence David John Pratchett…

   Avant de poursuivre mes chroniques, dont la prochaine aura trait à un ouvrage de fantasy, je tenais à rendre hommage, en quelques lignes, à un grand monsieur de la fantasy. Que dis-je… Un sacré auteur ! Terry Pratchett nous a quitté. J’avais déjà évoqué sa maladie dans un précédent billet. On ne meurt pas d’Alzheimer. Mais on peut vouloir mourir plutôt que de constater le saccage de son cerveau. Surtout quand celui-ci a su ravir le cœur de milliers de lecteurs au travers d’histoires farfelus sur un disque-monde unique et grandiose. Qui d’autre que Terry Pratchett aurait imaginé un monde rond, porté par quatre éléphant, eux-même posés sur le dos d’une tortue (dont on cherche toujours à savoir le sexe, je vous le rappelle…) d’ailleurs faites attention au « bord » c’est risqué de s’y aventurer.

   Son humour est prégnant tout au long de ses histoires, avec cette force incroyable de réussir à écrire comme si tout ce qu’il vous racontait était parfaitement sérieux. Je n’ai pas tout lu de lui, loin de là. Mais j’ai un souvenir magique de ce que j’ai lu. Et notamment du cycle des Tiphaine dont j’ai fais l’éloge à travers mes articles. C’était un homme capable de ne pas rendre ridicule une jeune fille qui part combattre une fée avec une poêle à frire. Qui m’a fait énormément rire avec des ch’tis hommes bleus dont tous les discours sont… En ch’tis. Bravo à l’incroyable Patrick Couton pour nous avoir régalé des œuvres de Terry Pratchett. La Mort (qui est un homme, ne le vexez pas, merci) est venue vous rendre visite M. Pratchett. Après toutes les histoires où vous l’avez fait apparaître (vous imaginez une voix lourde comme la pierre ?…) je suis sûr que vous avez plein de choses à vous dire. Et vous avez l’éternité devant vous. On vous sait en bonne compagnie. Bon voyage.

Les singes de l’espace aussi lui ont rendu hommage.

Je m’habillerai de nuit – Terry Pratchett

   Terry, où est passé votre célèbre humour burlesque ? C’est la première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai commencé Je m’habillerai de nuit, quatrième et dernier tome des aventures de Tiphaine Patraque. J’ai souri au premier tome, j’étais écroulée de rire au second avec notamment les Nac Mac Feegle et j’ai littéralement pleuré au troisième. Quelle émotion pour le quatrième ? Un certain malaise au départ et un sentiment infini de plénitude à la fin. Vous savez comme quand les choses vont bien comme il faut. Quand on se dit que ça pouvait pas finir autrement… Saupoudrez cela d’un peu de solitude car nous perdons une héroïne que l’on suit et voilà le panel des émotions ressenties lors de la lecture de ce tome.

   Tiphaine a grandi et ça transpire dans chaque ligne du livre. Elle se pose des questions qu’on se pose pas tous à 16 ans, car Tiphaine est plus vieille dans sa tête. Être une sorcière implique de nombreux sacrifices qui sont pas toujours aisés quand on reste une adolescente. On s’interroge sur l’amour également… Entre Roland et l’Hiverrier où se trouve le cœur de Tiphaine dans tout cela ? Elle même ne sait pas trop finalement. Même les Nac Mac Feegle semblent trop sérieux. L’ambiance lourde et pesante, pleine de menaces que l’auteur met en place est presque difficilement supportable pour le lecteur. Pas étonnant une telle réussite quand on connaît la bibliographie fournie de l’auteur dans laquelle figure de nombreux succès, Terry Pratchett est un auteur de génie que la maladie d’Alzheimer va nous enlever sans scrupules. Une maladie que j’ai en horreur et pour cette raison il fallait que je le dise. Je m’habillerai de nuit fait sûrement parti des derniers livres écrits par l’auteur britannique et c’est peut-être aussi ça qui ajoute à mon malaise. Néanmoins la fin trahit la nature optimiste et philosophique de l’auteur qui nous offre un peu de magie pour égayer notre vie.

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