Si j’étais une femme, je m’épouserais de Joann Sfar

   Je récidive avec un Joann Sfar à travers un de ses carnets, à savoir celui intitulé Si j’étais une femme, je m’épouserais. Une hypothèse assez originale issue d’une réflexion sur l’amour que l’auteur a mené après une déception amoureuse.

   Si je garde de Greffier, un autre carnet de Joann Sfar, un excellent souvenir, j’avoue que celui-ci ne m’a pas autant convaincu. Chronique d’une lecture en demie-teinte.

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Comment tu parles de ton père de Joann SFAR

   Comment tu parles de ton père faisait parti de ma liste de livres que je souhaitais lire dans le cadre du challenge de la rentrée littéraire organisé par Sophie. Joann Sfar est un auteur intrigant. Il a un petit côté torturé mais totalement lucide, plein d’autodérision et de pertinence dans ses propos. En somme, il m’a charmé par sa plume et son dessin. Il ne me restait plus qu’à acquérir Comment tu parles de ton père. Je n’ai pas eu besoin de le faire, Lintje me l’a offert pour Noël. Une super amie littéraire c’est celle qui sait vous acheter pile le livre que vous espériez sans lui avoir rien demandé ! Je n’ai pas résisté, j’ai grignoté quelques lignes avant de m’endormir le 1er janvier pour bien commencer l’année. Puis, à peine Ellory a-t-il été rangé dans la bibliothèque que je me suis ruée sur celui-ci. Il m’aura fallu que quelques heures pour le lire mais je l’ai savouré comme on se délecte d’un bon plat en bouche…

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Rentrée littéraire… Rime avec challenge !

   J’attendais la fin du challenge d’Halloween de Lou & Hilde pour me lancer dans cet autre challenge organisé par le blog Délivrer des livres en collaboration avec Léa Touch Book. Après mûre réflexion, j’ai opté pour la catégorie 1% testeur ne sachant pas ce que l’année prochaine me réserve, je préfère ne pas voir trop grand. D’autant que je me lance dans deux concours de nouvelles donc pas tout à la fois ! Cela fera donc 6 livres à découvrir. J’ai déjà quelques idées dont je vais vous faire part… Mais je n’exclus pas d’être irrémédiablement attirée par d’autres titres au gré des critiques que je pourrais lire ici ou là.

Pour le moment, je suis tentée de lire :

  • Comment tu parles de ton père ? de Joann Sfar publié chez Albin Michel, sûrement parce que j’apprécie la plume incisive de Sfar, son dessin atypique et ses réflexions philosophiques.
  • Le rouge vif de la rhubarbe de Audur Ava Olafsdottir publié chez Zulma, je l’ai offert à mon papa qui a aimé cette lecture qui lui a laissé, semble-t-il, un souvenir émouvant.
  • Nos âmes la nuit de Kent Haruf publié chez Robert Laffont, le résumé et les critiques que j’en ai lu ont suffit à me faire succomber.
  • Le syndrome de la vitre étoilée de Sophie Adriansen publié chez Fleuve Noir, un sujet douloureux qui m’a toujours interpellé, aussi lire là-dessus m’intéresse même – surtout – sous forme de roman.
  • Petit pays de Gaël Faye publié chez Grasset, plus besoin d’en parler tant tout le monde en parle en bien…
  • Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits de Salman Rushdie publié chez Acte Sud, un auteur tellement connu pour ses Versets sataniques qui lui ont valu une fatwa toujours en cours que ça m’intrigue de le découvrir à travers un ouvrage contemporain.

   Ce challenge me semble être l’opportunité de poursuivre sur ma lancée de celui d’Halloween en terme de publication, de faire plus amples connaissances avec d’autres blogueuses/blogueurs et de découvrir des petites pépites parmi la vague de nouveauté parues en cette nouvelle rentrée littéraire.

   Je remercie Hérisson pour son accueil dans le challenge et je souhaite à tous mes co-équipiers(ères) un bon challenge !

Maêlle

Tu n’as rien à craindre de moi de Joann Sfar

   Un peu de dessin parmi tous ces romans dont j’ai à vous parler. La bande-dessinée demeure un art que j’apprécie toujours autant ! La première dont je vais vous parler est d’un auteur-dessinateur reconnu, notamment depuis qu’il a publié et réalisé par la suite en film d’animation, Le chat du rabbin. J’ai découvert Joann Sfar davantage par les planches qui ont été diffusées notamment sur le site internet du Huffington Post que par ses premières œuvres. En effet, c’est à l’occasion de son carnet Si Dieu existe ? que sa collaboration a eu lieu avec le journal et c’est par la-même que je découvris ces ouvrages originaux pour lesquels je nourris un attrait indéniable. Ce dernier a la particularité de relater, notamment, ses états d’âme après la perte de ses amis de Charlie Hebdo. En effet, il fut dessinateur pour le journal pendant quelques temps et y noua de sérieuses relations qui trouvèrent une fin abrupte dans les attentats que l’on sait. Pour ma part, je devins l’heureuse propriétaire d’un de ses carnet à savoir celui qui s’intitule Greffier et qui relate le procès des caricatures de Mahomet dont Charlie Hebdo fut la cible. Je m’apprête désormais à vous parler de sa dernière bande-dessinée Tu n’as rien à craindre de moi.

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En vrac : travaux, travail, anniversaire, transports en commun.

   Je ne suis pas d’une nature à raconter ma vie personnelle, mais si peu de présence valait bien un petit billet au titre mystérieux. Au-delà de quelques contraintes liées à des travaux, il faut ajouter là-dessus un concours passé et une nouvelle mission au travail extrêmement prenante. Tout ceci explique le peu de temps à consacrer à la lecture. Un sacrifice temporaire que j’espère payant pour l’avenir !

   Me voilà donc de retour. Les travaux ne sont pas terminés mais j’ai à nouveau du temps pour lire. Et de la lecture en perspective. En réserve, Erri de Luca m’attend, Pratique de l’amour de Michel Bozon, commencé mais non terminé est au programme ainsi que Tu n’as rien à craindre de moi de Joann Sfar, sa dernière BD. Mais ça n’est pas tout. Un petit salon du livre perdu dans la campagne charentaise m’a amené à garnir ma bibliothèque d’un livre de Robert Ludlum dont j’ai lu – et fortement apprécié – Le Manuscrit Chancellor et un livre du regretté Bernard Simonay, décédé le 21 mai 2016. J’avais découvert cet auteur à travers son livre Le Secret Interdit. J’ai lu également de lui La Prophétie des glaces, La vallée des 9 cités, Les Amant de feu, L’appel de l’Orient, La fille de la pierre. J’appréciais sa plume. Je lui souhaite bon voyage et vous invite à le découvrir.

   En parlant de voyage, je suis régulièrement amenée ces derniers temps à me laisser transporter par le train et les transports en commun. TGV, TER, il ne manque plus qu’un petit tour en Intercité et j’aurai fait le tour de la SNCF, auquel s’ajoute le métro parisien, le tram bordelais et le bus pictavien. Je me suis amusée à regarder les gens qui m’entouraient. Je ne sais pas vous, mais quand j’ai la tête farcie d’informations à retenir, ballotée entre deux voyages, avec mille choses à penser et à gérer, j’adore m’évader à travers la vitre du train ou m’égarer dans la contemplation de mes semblables. Aucune sociologie dans tout ça, juste de simples constats qui prêtent à sourire. J’ai remarqué ce voyageur qui a pris une revue et qui inexorablement pique du nez jusqu’à se laisser emporter par une brève sieste avant de reprendre sa lecture. La jeune femme qui sourit en lisant laisse à penser à l’impudique observatrice que je fais, que sa lecture est des plus agréables. Et elle s’inquiète de savoir si cela va durer, je la vois qui furète vers la fin du livre pour calculer le nombre de pages qui lui restent. Avouer que vous l’avez déjà fait ! Ou regarder quelques pages plus loin, le coeur trop étreint par l’angoisse du suspens pour supporter attendre de savoir ce qu’il advient du héros attachant. Certains lisent des livres anciens aux bords de pages jaunis. D’autres, une femme dont je me souviens, tenait dans ses mains un livre si neuf, que j’imaginais qu’elle l’avait achetée juste avant de monter dans le train. Le roman de gare résume à lui seul l’importance de la lecture dans le monde ferroviaire. Une si fine feuille de papier au milieu des monstres d’acier. Lire un livre dans le train, c’est un peu comme voyager deux fois. Le lecteur-voyageur est doté de la capacité de s’évader deux fois plus.

   Tandis qu’on me fit remarquer par le passé que parmi les personnes croisées dans la rue, la majorité m’était inconnue, je constatais que les livres qui absorbaient mes compagnons anonymes de voyage l’étaient tout autant. Cela donne le tournis d’imaginer tant et tant de livres.
Je fais partie des personnes qui usent de chaque instant disponible pour lire… Mais pas seulement. J’ai aussi pris le temps de dormir, de regarder le paysage défiler à une vitesse qui m’impressionne toujours autant. Je tombe en admiration devant l’immense échafaudage de la gare de Bordeaux qui semble vous enfermer dans une cage et qui porte sur lui les ouvriers chargés de rendre à celle-ci toute sa beauté. Plonger les yeux dans les pages de mon livre m’empêche de voir – mais non d’entendre – les talons qui claquent de la personne qui accourt le souffle court pour monter dans son train. Les baisers échangés sur la marche du train juste avant son départ. Qu’on se le dise, les gares sont des lieux où l’on peut y trouver pêle-mêle de l’amour, des séparations, de la lecture, des pleurs, des cris de tristesse ou de joie. On y croise des gens qui se retrouvent et s’enlacent tendrement, d’autres qui se séparent à regret. C’est un lieu de vie que certains ont décidé de parer des oripeaux de la mort comme à Bruxelles.

   Au milieu du tumulte bien caractéristique de la gare, je suis une lectrice installée avec mon livre qui savoure de multiples voyages avec l’envie de les partager avec vous. Je résiste un peu, pages à la main, à ceux qui voudraient nous faire craindre de voyager.

   Aujourd’hui, cela fait 5 ans que je partage mes lectures sur La biblioblog de Maêlle. Je n’ai pas vu le temps passer et j’avoue que quand j’ai commencé, j’ignorais combien de temps je le ferai. Ainsi donc, la phrase selon laquelle « On ne va jamais aussi loin que quand on ne sait pas où l’on va » (Christophe Colomb) recèle une part de vérité. Une chose est certaine, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, à écrire ces articles, à partager avec certain(e)s bloggeurs(euses) (auprès desquelles je m’excuse de mon absence de ces derniers temps sur la blogosphère) et avec toutes celles et ceux qui prennent le temps de me lire. Merci à vous car c’est de vous savoir pour certains, dans l’attente de me lire, que je puise l’énergie nécessaire pour chroniquer.

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Bonne lecture à tous et à très bientôt !

Maêlle

Greffier – Joann SFAR

   Parce que c’est mon métier. Parce que c’est Joann Sfar. Voilà pourquoi je me suis tournée vers ce livre, irrésistiblement attirée. Pour peu que l’on s’intéresse au monde de la bande-dessinée le nom de celui-ci surgit rapidement. Citons notamment Le Chat du rabbin qui a été adapté en film d’animation par ses propres soins. Prolifique, atypique, Joann Sfar est de ceux qui touchent à tout, ne s’arrêtent jamais. Accueilli par Charlie Hebdo, il va s’essayer au dessin de presse mais n’y demeurera pas.

   Pour le procès contre le journal qui l’a accueilli, il va s’essayer au dessin judiciaire sans pour autant être un dessinateur judiciaire (une profession à part entière). C’est ce qu’il dévoile dans Greffier, une illustration du procès des caricatures de Mahomet dont nous avons tant entendu parler. A la fois auteur-dessinateur pour adultes et enfants, Joann Sfar use d’un dessin simple pour illustrer ses propos, ou ceux tenus par d’autres comme dans le cas présent. Détenteur d’une maitrise de philosophie, la qualité des remarques de Joann Sfar est le point fort de ce recueil dont je vais vous parler.

La couverture - La chat, éternel synonyme du greffier...
La couverture – La chat, éternel synonyme du greffier…

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