Le plus et le moins de Erri de Luca

   Il y a des auteurs qui en quelques mots vous émeuvent et vous touchent. Parfois même vous percutent. Il y en a dont la plume vous emporte en quelques lignes et ne vous lâche pas jusqu’au point final. Après avoir traversé une période de travail intense sans lecture distrayante, il me fallait plonger, avec un besoin impérieux, dans l’océan des mots d’un livre. Dans ces moments-là, vous vous tournez vers un auteur que vous savez qui vous fera du bien. C’est un peu comme se glisser dans les bras d’un amant qui vous connaît par cœur. C’est réconfortant, apaisant. J’avais besoin de m’évader mais je n’avais pas envie de m’immerger dans un monde inconnu. Je me suis plongée avec l’impatience propre à celle qui n’a que trop attendu pour lire, dans Le plus et le moins d’Erri de Luca. Dernier ouvrage en date de l’auteur italien que je ne vous présente plus, il m’a semblé être un OFNI (ouvrage fabuleux non identifié) dans sa, prolifique, bibliographie. Atypique dans le contenu mais pas dans la forme, un peu comme dormir dans un lieu inconnu avec votre amant si connu, pour filer la métaphore. J’ai retrouvé un peu de sa poésie, sa douceur, la chaleur napolitaine. J’ai découvert la lutte, le combat, son intimité. Portrait d’un homme hors du temps et d’un livre à son image.

Le + et le -

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En vrac : travaux, travail, anniversaire, transports en commun.

   Je ne suis pas d’une nature à raconter ma vie personnelle, mais si peu de présence valait bien un petit billet au titre mystérieux. Au-delà de quelques contraintes liées à des travaux, il faut ajouter là-dessus un concours passé et une nouvelle mission au travail extrêmement prenante. Tout ceci explique le peu de temps à consacrer à la lecture. Un sacrifice temporaire que j’espère payant pour l’avenir !

   Me voilà donc de retour. Les travaux ne sont pas terminés mais j’ai à nouveau du temps pour lire. Et de la lecture en perspective. En réserve, Erri de Luca m’attend, Pratique de l’amour de Michel Bozon, commencé mais non terminé est au programme ainsi que Tu n’as rien à craindre de moi de Joann Sfar, sa dernière BD. Mais ça n’est pas tout. Un petit salon du livre perdu dans la campagne charentaise m’a amené à garnir ma bibliothèque d’un livre de Robert Ludlum dont j’ai lu – et fortement apprécié – Le Manuscrit Chancellor et un livre du regretté Bernard Simonay, décédé le 21 mai 2016. J’avais découvert cet auteur à travers son livre Le Secret Interdit. J’ai lu également de lui La Prophétie des glaces, La vallée des 9 cités, Les Amant de feu, L’appel de l’Orient, La fille de la pierre. J’appréciais sa plume. Je lui souhaite bon voyage et vous invite à le découvrir.

   En parlant de voyage, je suis régulièrement amenée ces derniers temps à me laisser transporter par le train et les transports en commun. TGV, TER, il ne manque plus qu’un petit tour en Intercité et j’aurai fait le tour de la SNCF, auquel s’ajoute le métro parisien, le tram bordelais et le bus pictavien. Je me suis amusée à regarder les gens qui m’entouraient. Je ne sais pas vous, mais quand j’ai la tête farcie d’informations à retenir, ballotée entre deux voyages, avec mille choses à penser et à gérer, j’adore m’évader à travers la vitre du train ou m’égarer dans la contemplation de mes semblables. Aucune sociologie dans tout ça, juste de simples constats qui prêtent à sourire. J’ai remarqué ce voyageur qui a pris une revue et qui inexorablement pique du nez jusqu’à se laisser emporter par une brève sieste avant de reprendre sa lecture. La jeune femme qui sourit en lisant laisse à penser à l’impudique observatrice que je fais, que sa lecture est des plus agréables. Et elle s’inquiète de savoir si cela va durer, je la vois qui furète vers la fin du livre pour calculer le nombre de pages qui lui restent. Avouer que vous l’avez déjà fait ! Ou regarder quelques pages plus loin, le coeur trop étreint par l’angoisse du suspens pour supporter attendre de savoir ce qu’il advient du héros attachant. Certains lisent des livres anciens aux bords de pages jaunis. D’autres, une femme dont je me souviens, tenait dans ses mains un livre si neuf, que j’imaginais qu’elle l’avait achetée juste avant de monter dans le train. Le roman de gare résume à lui seul l’importance de la lecture dans le monde ferroviaire. Une si fine feuille de papier au milieu des monstres d’acier. Lire un livre dans le train, c’est un peu comme voyager deux fois. Le lecteur-voyageur est doté de la capacité de s’évader deux fois plus.

   Tandis qu’on me fit remarquer par le passé que parmi les personnes croisées dans la rue, la majorité m’était inconnue, je constatais que les livres qui absorbaient mes compagnons anonymes de voyage l’étaient tout autant. Cela donne le tournis d’imaginer tant et tant de livres.
Je fais partie des personnes qui usent de chaque instant disponible pour lire… Mais pas seulement. J’ai aussi pris le temps de dormir, de regarder le paysage défiler à une vitesse qui m’impressionne toujours autant. Je tombe en admiration devant l’immense échafaudage de la gare de Bordeaux qui semble vous enfermer dans une cage et qui porte sur lui les ouvriers chargés de rendre à celle-ci toute sa beauté. Plonger les yeux dans les pages de mon livre m’empêche de voir – mais non d’entendre – les talons qui claquent de la personne qui accourt le souffle court pour monter dans son train. Les baisers échangés sur la marche du train juste avant son départ. Qu’on se le dise, les gares sont des lieux où l’on peut y trouver pêle-mêle de l’amour, des séparations, de la lecture, des pleurs, des cris de tristesse ou de joie. On y croise des gens qui se retrouvent et s’enlacent tendrement, d’autres qui se séparent à regret. C’est un lieu de vie que certains ont décidé de parer des oripeaux de la mort comme à Bruxelles.

   Au milieu du tumulte bien caractéristique de la gare, je suis une lectrice installée avec mon livre qui savoure de multiples voyages avec l’envie de les partager avec vous. Je résiste un peu, pages à la main, à ceux qui voudraient nous faire craindre de voyager.

   Aujourd’hui, cela fait 5 ans que je partage mes lectures sur La biblioblog de Maêlle. Je n’ai pas vu le temps passer et j’avoue que quand j’ai commencé, j’ignorais combien de temps je le ferai. Ainsi donc, la phrase selon laquelle « On ne va jamais aussi loin que quand on ne sait pas où l’on va » (Christophe Colomb) recèle une part de vérité. Une chose est certaine, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, à écrire ces articles, à partager avec certain(e)s bloggeurs(euses) (auprès desquelles je m’excuse de mon absence de ces derniers temps sur la blogosphère) et avec toutes celles et ceux qui prennent le temps de me lire. Merci à vous car c’est de vous savoir pour certains, dans l’attente de me lire, que je puise l’énergie nécessaire pour chroniquer.

sac

Bonne lecture à tous et à très bientôt !

Maêlle