T’en souviens-tu, mon Anaïs ? de Michel Bussi

   Dans le cadre de mon passage à vide littéraire, déjà que j’avais du mal à lire, alors je me suis dit qu’il valait mieux éviter un énorme pavé parfois décourageant. Et voilà que ma grand-mère m’offre le recueil de nouvelles intitulé T’en souviens-tu, mon Anaïs ? de Michel Bussi. Alors deux choses. C’est tout d’abord une référence flagrante… A mon prénom. Ensuite, l’auteur, plutôt célèbre, est originaire de la même région que moi, à la différence qu’il y vit encore (a priori, niveau cancan, je ne suis pas une référence…). Il situe apparemment nombre de ses intrigues en région normande que bien des lecteurs connaissent à travers Arsène Lupin et les fameuses aiguilles d’Etretat (oh que oui que c’est beau ce petit coin…). Sous ces températures encore estivales, je vous propose un petit tour rafraîchissant en Normandie où je vous garantis une eau fraîche et bienfaisante, communément appelée La Manche. Promis, on opte pour une plage de sable, les galets c’est beau mais ça fait mal aux pieds.

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Le Horla – Guillaume Sorel et Guy de Maupassant

   Un illustrateur usant de son talent pour mettre en dessin un illustre auteur. Quel bel hommage que ces aquarelles ! Guillaume Sorel, auteur de bande-dessinée et surtout talentueux illustrateur adapte une œuvre d’un auteur de sa région d’origine : Guy de Maupassant. Près de la nonchalante Seine une tragédie se noue dans une belle demeure. A travers un journal intime on découvre la descente aux enfers d’un homme convaincu de devenir fou. Un récit réputé et connu dont l’adaptation relève à mon sens, du défi.

   Je constate que la maison d’édition Rue de Sèvres qui est derrière cet ouvrage recèle des trésors de dessinateurs. Après la bande-dessiné d’Alex Alice qui fut un vrai coup de cœur tant par le scénario que par la magnificence des dessins, je dois avouer que Le Horla de Sorel ne m’a pas laissé de marbre. Je ne peux m’empêcher d’avoir à l’esprit une comparaison avec Jacques Ferrandez et son étranger adapté du roman d’Albert Camus. Parce que les deux bande-dessinées s’inspirent d’auteurs anciens, l’envie de les comparer est récurrente mais peut-être pas pertinente. Aussi vais-je tâcher de m’en abstenir jusqu’à l’épilogue de cet article.

Le Horla

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Trois Contes – Gustave Flaubert

   Les « classiques » comme on les appelle, ont une odeur d’écoles, de collèges, de lycées… J’ai râlé pendant mes années de lycées de voir les professeurs s’obstiner à nous faire les éloges d’auteurs décédés il y a si longtemps qu’on a oublié leur date de naissance… Et de ne pas intégrer dans leur programme des auteurs plus contemporains et moins « classiques » Pourquoi ne pas étudier aussi le fantastique et la science-fiction après tout ? Bon, j’avoue, le côté rebelle de l’adolescence ne m’a pas quitté, je suis la première à encourager l’étude et la lecture d’Harry Potter à l’école…

   Toutefois (ça c’est la vieillesse qui fait dire la suite… Maturité, recul et tout ce qui va avec…), le lycée m’a amené à rencontrer un premier professeur de français qui avait fait une sorte de « deal » avec nous, ses élèves. Premier trimestre, première lecture imposée. Jean Giono, Un Roi sans divertissement que je n’ai absolument pas aimé. Je fus une des rares de ma classe à le lire en entier, simplement parce que lire ne me posait pas de difficultés. Mais très franchement, je ne garde que le souvenir d’un ennui profond. Second trimestre, un classique au choix parmi une large liste. Mon cher père étant un grand admirateur de Gustave Flaubert, me voila avec Madame Bovary entre les mains… Que j’abandonne environ 50 pages plus loin incapable de poursuivre (et tenue par un délai pour rendre une fiche de lecture). Je me rabats sur Germinal de Zola que j’ai dévoré en quelques heures. J’en garde un puissant souvenir et il sera mon atout majeur lors d’un oral quelques années plus tard. M. Flaubert ne semblait pas fait pour moi. Je trouvais son écriture trop « lisse », les phrases trop travaillées. Quand on me raconta (mon père en l’occurrence) que Flaubert était capable d’écrire un romain entièrement pour mieux le détruire et recommencer, je me suis dis que définitivement j’avais un problème avec les perfectionnistes littéraires. Je préférais les métaphores monstrueuses de Zola pour décrire la mine que les problèmes de cœur d’une femme à l’esprit trop « lissé » par son auteur. Je pourrai m’arrêter là mais je vais quand même vous dire, par acquis de conscience, que le troisième trimestre fut un choix entre des auteurs plus contemporains et beaucoup moins classiques… Dans la liste vous trouviez rien de moins que J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian qui est assez cru, voir carrément « hard ». J’ai lu pour ma part, L’écume des jours du même auteur, très poétique, très beau, je l’ai adoré. Après cette lecture j’ai lu le premier, surprise par ce qu’on m’en disait… C’est finalement moi qui fut surprise de découvrir deux écritures si différentes !! Parenthèse terminée, je reviens sur mon divorce d’avec notre ami Flaubert.

   Le lycée se termina avec cette certitude que la littérature classique pouvait se révéler source de surprises magnifiques (je pense aux Misérables de Victor Hugo que j’ai beaucoup aimé) mais aussi d’un ennui mortel. Et que Flaubert n’était pas pour moi. Et puis les années passant, il devient frustrant de ne pas pouvoir parler de certaines œuvres avec certaines personnes. Que je le veuille ou non, Madame Bovary était connu, réputé, lu par plein de gens parce que dans les annales des lycées depuis des décennies. J’ai fini par me lancer un défi à moi même : lire de temps à autre un classique (j’aime beaucoup lire les pièces de théâtre également, merci au lycée pour cette découverte). Pour Flaubert j’avais l’embarras du choix et un critique hors pair : mon père. Lecteur invétéré de Flaubert, il pouvait me parler de chacun de ses grandes œuvres, et je demeurais béate d’admiration de l’entendre me dire qu’il en avait lu certaines plusieurs fois. Déjà que je lis très très très rarement plusieurs fois un même livre mais alors là du Flaubert c’était carrément de la science-fiction. Sauf que je me suis dis que j’étais grande et capable de faire face à cet illustre auteur… A condition de trouver le bon livre. C’est exactement ce qui se passa avec Amélie Nothomb qui est franchement particulière. De ce que j’ai lu d’elle, mon avis est très contrasté. Il devait en être de même de Flaubert, si je n’aimais pas Madame Bovary, cela ne voulait pas dire que toutes ses œuvres étaient à jeter (la vieillesse toujours, je suis devenue moins catégorique…). Mettons mon envie en parallèle avec une braderie de livres et un challenge de nouvelles, et voilà Maêlle qui tombe sur Trois contes de Gustave Flaubert. C’est court mais c’est du Flaubert, un moyen de renouer avec cet auteur et de voir si une nouvelle rencontre peut avoir lieu. Verdict à suivre.

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