Ama de Julien Laoche

   Je fais des listes de livres que j’aimerai lire et donc, éventuellement, recevoir en cadeau. Et parfois, certain(e)s osent et m’offrent un ouvrage qui ne figure sur aucune liste. A titre personnel, j’aime beaucoup l’idée qu’une personne me dise « J’ai pensé à toi en lisant cette quatrième de couverture donc je te l’ai pris. » Ça veut dire que j’ai pu échanger sur mes lectures avec ces personnes et qu’elles se sont dit qu’elles pouvaient s’affranchir du carcan limitatif de ma liste d’envies littéraires car je suis plutôt ouverte à la découverte. Là je dois avouer que nous avons un combo de choc : c’est un ouvrage de science-fiction – ce n’est pas vraiment le style que je le lis le plus – auto-édité par un jeune auteur dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce qu’on me mette son livre entre les mains. La quatrième de couverture m’a intrigué et m’a semblé être dans un thème susceptible de me plaire. J’ai décidé d’aborder cette lecture sans aucun a priori, me laissant porter par l’histoire et voir ce que cela allait donner. Franchement ? C’est plutôt une agréable surprise.

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La mémoire dans les poches de Luc Brunschwig & Etienne Le Roux

   Un beau dessin qui sert un beau scénario… Voilà le mariage réussi en bande-dessinée, celui qui m’enthousiasme et m’emporte. C’est ce que j’ai découvert avec la trilogie La mémoire dans les poches de Luc Brunschwig et de Etienne Le Roux édité chez la maison d’édition de Futuropolis dont le catalogue recèle de belles pépites.

Laurent Letignal œuvre dans son quartier, dans sa banlieue dite populaire pour venir en aide à des étrangers cherchant à apprendre le français, à s’intégrer. C’est ce que sa mère lui a inculqué, l’entraide, la solidarité. Une mère imposante, omniprésente, envahissante face à un père discret et effacé mais fier de son fils. Ce dernier a écrit un livre qui commence à rencontrer un succès de plus en plus grandissant. Soudain, sans prévenir, son père disparaît. Avec un jeune enfant. Pourquoi, pour aller où ? Autant de questions auxquels Laurent va vouloir trouver des réponses.

   Cette trilogie c’est l’écho d’un passé fui dans un présent compliqué. C’est une histoire pleine d’humanité qui parle d’un enfant traumatisé et d’un adulte qui s’est construit avec une part de lui-même amputé. Finalement, la petite histoire de cet homme va nous plonger dans la grande Histoire, celle qui s’est déroulée durant la seconde guerre mondiale. Mélange des époques qui se rappellent l’une à l’autre et dans laquelle on découvre de troublantes similitudes.

   Nous suivons tout d’abord le parcours de Sidoine Letignal. Sidoine a tellement peur d’oublier quelque chose qu’il note tout ce qui lui semble important sur des bouts de papier qu’il conserve dans ses poches. Sidoine note même sa propre date de naissance… Mais du coup, il est une anthologie des moments marquants de sa vie et de celle de sa famille. Dans ses bras, un tout jeune enfant qui pleure. De pharmacie en bar, on le voit errer sans savoir où il va, ni ce qu’il cherche. Grâce à des retours en arrière nous découvrons qu’il vit dans une banlieue parisienne avec sa femme Rosalie et leur fils Laurent. Petit à petit, nous découvrons ce passé – récent – qui la conduit jusqu’à ce moment, jusqu’à cet enfant. Il faut apprendre à faire connaissance avec Sidoine…

   En arrière-plan de cette histoire qui est avant tout une histoire de famille, de liens familiaux, tout au long de ces 3 tomes, il y a le racisme. Celui de tous les jours auquel est confronté Laurent au sein de sa banlieue et qu’il tente de vaincre en offrant de son temps et de sa passion sincère pour les autres. J’ai trouvé Laurent très touchant et me suis beaucoup attachée à lui, ce qui tombe bien car petit à petit l’histoire va se recentrer sur lui plutôt que son père. Après la fuite de Sidoine, nous continuons avec la recherche de Laurent.

   A ces parcours qui s’écartent, qui s’égarent, les liens familiaux s’étirent jusqu’à la rupture. Ça éclate, la vérité éclabousse l’innocence de Laurent, celle que nourrisse tous les enfants vis à vis de leurs parents. Alors qu’on le pense adulte, il va grandir encore, gagner en maturité et surtout partir dans une belle aventure : celle qui consiste à partir à la rencontre de son père. Ce père qu’il aime, qu’il admire, qu’il respecte, que sa mère a tendance à occulter. En raison de cette discrétion, Laurent chérit les souvenirs qu’il a avec de lui. Pourtant il va être confronter à un voile de mensonge opaque… Mais Laurent recèle une volonté farouche de déchirer ce voile et de savoir ce qui se passe derrière.

   Derrière, c’est son père qui va surgir. Dans la nudité crue de la vérité quant à son histoire. Qui est vraiment Sidoine Letignal ? Quel est son véritable passé ? Autant de questions auxquelles Laurent va tenter de trouver des réponses. Il va d’ailleurs y mettre les moyens et ce à partir du tome 2 qui se déroule 3 ans après le premier. L’épilogue de cette histoire arrive avec le bruit de la guerre et la folie nazie dans le tome 3. L’ensemble est cohérent, bien écrit, bien mené.

   Je me suis plongée avec beaucoup de plaisir dans cette histoire familiale dense et riche en émotion. Luc Brunschwig déroule parfaitement son histoire, sans nous égarer parmi les rebondissements. J’ai trouvé qu’il y avait une forme de courage dans l’acte de son père, au moins autant que dans la décision de Laurent de retrouver celui-ci. Cette histoire est servie par les sublimes dessins de Etienne Le Roux. Beaucoup de rondeur dans les personnages comme pour souligner leur douceur et leur humanité. Les couleurs, très sobres, très douces concourent à cette chaleur humaine que l’on ressent à travers les pages. Les teintes varient assez peu quand il s’agit de souvenirs, soulignant avec un côté sépia, l’ancienneté de ce qui va nous être conté. Mais ne cherchez pas trop de couleurs vives, les planches en recèlent peu. Etienne Le Roux préfère rester dans la même palette de couleurs, ne les variant qu’en fonction de l’instant qui est dessiné. Le tout donne des dessins et des couleurs bien assorties à l’histoire.

   C’est donc une très belle découverte que je vous invite à faire également. Mo’ a été emballée par le tome 1 et a apprécié le tome 2 (mais n’a pas encore lu le tome 3 !)

Bonne lecture !

Maêlle

Hiver de Mons KALLENTOFT

   Enfin… Un article ! Très simplement, je n’avais pas le temps de lire ces dernières semaines. Ceci s’explique notamment par le fait que j’ai déménagé dans une nouvelle demeure dans laquelle j’ai entamé des travaux d’aménagement et de décoration qui prennent un certain temps… J’ai commencé à trouver mon rythme de lecture entre le décollage de papier peint, le ponçage de parquet et la peinture. Il est plus lent qu’auparavant mais je parviens quand même à lire. Aussi je reprends les articles, pour mon plus grand plaisir et j’espère également le vôtre !

   L’hiver est un des plus froids que Linköping, petite ville de Suède, connaisse. Le vent glacial pénètre au coeur des vêtements. Un homme est retrouvé nu, pendu à un arbre, le corps couvert de meurtrissures. La police est chargé d’enquêter sur ce qui se révèle être un meurtre particulièrement sordide.

   On retrouve sous la plume de l’auteur Mons Kallentoft une enquête policière au schéma assez classique. Les stigmates présents sur le corps retrouvé laissent augurer des mobiles sordides mais peut-être n’est-ce qu’un leurre pour induire en erreur les enquêteurs. L’histoire fait référence à quelques cultes suédois anciens dont j’ignorais tout, et qui comporte ses fanatiques, autant de suspects potentiels. En somme, ce fut un moment de lecture sympathique.

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La Lune Noire d’Anaïs Cros

   La suite tant attendue des « Lunes de Sang » d’Anaïs Cros a été un véritable régal littéraire loin de mes dernières déceptions ! J’ai tout simplement autant aimé cette suite, intitulée « La lune noire », que le premier tome et je l’ai terminée en me demandant « A quand la suite ? ». Fan de fantasy appréciant également le polar je suis totalement comblée par l’histoire mise en place par l’auteur. Loin de s’embourber dans une copie simple de notre Sherlock Holmes, Anaïs Cros parvient avec brio à donner à Listak un style bien à lui (ainsi que pour Evrahl). Indépendant de son modèle qui l’a inspiré, Listak devient un héros à part entière auquel on s’attache pour ce qu’il est et non pour ce à quoi il ressemble. Exercice difficile mais parfaitement réussi par l’auteur.

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