Block 46 de Johana Gustawsson

   Voilà un nouveau titre acquis pendant la Grosse Op de Bragelonne et que je ne regrette nullement d’avoir acquis ! J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette jeune autrice française dont vous pouvez découvrir le site internet pour connaître les dernières nouvelles. Block 46 est un livre bien mené avec des personnages très intéressants. Je n’étais pas partie pour le lire de suite mais Valériane en a parlé sur Instagram (il y a longtemps mais je ne l’ai vu que récemment…) et une soudaine envie de lire du bon thriller m’a fait céder à l’appel. Retour sur une autrice prometteuse.

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Zones sensibles – Céline Bardet

   J’ai entendu parler de ce livre pour la première fois sur France Inter le matin lorsqu’il y avait une chronique littéraire (je ne l’entends plus ou alors ils l’ont changé d’heures)  J’ai toujours été fascinée par les institutions internationales : Tribunal Pénal International de la Haye, pour l’ex-Yougoslavie, celui qui a été créée pour le Rwanda… Bref, un sujet qui me plaisait à tel point que j’avais fais un travail de groupe au lycée sur la problématique de la place des USA dans le droit international. Alors quand le chroniqueur a parlé d’une juriste de terrain qui a travaillé pour plusieurs organisations internationales notamment pour combattre les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, je me suis empressée de noter son nom et le titre sur un bout de papier. Il m’aura fallu plusieurs mois mais j’ai fini par le commander. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Le droit international est technique, même si le droit pénal international me plaisait je ne suis pas une spécialiste en ce domaine loin de là. Je craignais qu’elle ne soit trop « juriste » et donc abstraite. Mes craintes furent balayées dès les premières phrases. Un langage simple à la portée de tous. Nul besoin de connaître le fonctionnement des institutions, elle vous les explique rapidement et clairement par des mots courants. On comprend ce qu’elle nous raconte et cela permet de savourer. Il est clair que le thème est très spécifique, je doute que cela plaira à tout le monde. Moi j’ai adoré et dévoré son livre qui est une porte ouverte pour comprendre les organisations internationales qui interviennent dans le monde. Alors qu’elles nous paraissent éloignées et abstraites, on découvre leur intérêt et leur rôle partout dans le monde. Elle vous explique chaque affaire qui lui a tenu à cœur et c’est à travers le récit de son parcours professionnel que l’on découvre le fonctionnement du TPI de la Haye, les exactions commises lors de la guerre de Bosnie et la manière dont la justice internationale tente de fonctionner pour apporter des réponses et soulager les victimes. Malgré le nombre impressionnant de ces dernières, on constate rapidement qu’il y a peu d’affaires en cours et on imagine la frustration ressentie par l’auteur de ne pas parvenir à déférer plus de coupables devant les tribunaux. Mais là encore, elle tempère et explique la mentalité des balkans. Il est important, pour ne pas dire essentiel, de connaître le mode de fonctionnement de ces peuples. Leur mentalité est différente de la nôtre, leur histoire aussi, Céline Bardet nous donne les clés pour tâcher de les comprendre. J’ai aimé cette démarche pédagogique qui m’a fait aller à la rencontre d’un peuple, d’un pays (la Bosnie Herzégovine) qui est en pleine reconstruction. Malgré des élections et l’impression que tout se déroule bien, à travers les yeux de l’auteur on découvre l’envers du décor : tensions ethniques encore à leur comble, pays scindé en deux (entre la fédération de Bosnie-Herzégovine et la république des serbes de Bosnie) coupables de crimes durant la guerre qui croisent des survivants, des parents de leurs victimes dans la rue. Je vous laisse imaginer l’ambiance. D’ailleurs, le poids de cette ambiance se fait ressentir à la fin du livre et on comprend l’envie de partir. Céline Bardet se donne à fond dans son métier, on la suit avec grand plaisir mais avec elle on s’essouffle également. Le droit pénal international peut encore évoluer, l’aspect judiciaire peut encore largement être amélioré notamment grâce à des gens comme Céline Bardet, des gens de terrains, qui ont expérimenté ce qui a été mis en place. Ils sont les plus à même de faire changer les choses dans le bon sens : celui de la justice et de la démocratie.

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