Conte de Noël de Charles Dickens

   J’ai continué à me délecter de la savoureuse écriture de Charles Dickens. Pour ce vendredi fantomatique du challenge Halloween de Lou & Hilde, j’ai opté pour Conte de Noël de Charles Dickens. Dire que j’ai aimé est peu dire et je n’ai qu’un seul conseil : lisez le à vos enfants (ou avec eux !). Et je vais tâcher de vous donner envie de le faire !

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   Comme lors de ma précédente chronique Dickens se révèle un véritable plaisir à lire. Sa plume est toujours aussi légère. On est loin des tons parfois empruntés et pesant des vieilles écritures. Au contraire, on s’envole, on s’immerge dans l’Angleterre qu’il nous dépeint. Ses descriptions sont parfaitement équilibrées. Ni trop détaillées, ni trop succinctes, elles nous permettent de prendre la mesure de la froideur hivernale qui baigne ce récit. Quant au personnage, Mr Scrooge en personne, là encore on saisit parfaitement le personnage. Son avarice n’a d’égale que sa mauvaise humeur et on commence le récit en le trouvant extrêmement désobligeant. Charles Dickens pousse à la caricature ce personnage avide d’argent et dont l’idée même de générosité doit lui donner des boutons. Il use abondamment de la comparaison et de la métaphore pour démontrer la rigidité de cet homme abject. On le sent de pierre, inaccessible à la douleur, la souffrance humaine, à l’humanité tout simplement.

   Et Charles Dickens nous propose de lui offrir une véritable révélation à travers… Des fantômes ! Tout d’abord, Ebenezer Scrooge reçoit la visite de son ancien associé et ami, Marley, décédé quelques sept années plutôt alors même que les fêtes de Noël battent leur plein. Celui-ci surgit avec le poids de ses méfaits. Sa vie de solitude, d’avarice et de mauvais esprit l’amène à être un fantôme courbé sous le poids des chaînes qu’il a créées tout au long de sa vie. Il annonce une vie de fantôme faite de non-repos. Il doit sans cesse se déplacer, le repos tant attendu ne lui est pas offert. D’une certaine façon, on comprend qu’il paie dans sa vie après la mort, la souffrance qu’il a générée durant sa vie. Après ce passage quelque peu surprenant, Scrooge demeure abasourdi et incertain. Serait-ce ses yeux qui lui jouent des tours ? Il va vite être fixé. Marley lui a annoncé que trois fantômes viendraient successivement lui rendre visite.

   Dickens nous offre donc une leçon de morale en trois temps porté chacun par un fantôme. Tout d’abord, le passé pour essayer de comprendre l’homme qu’est devenu Scrooge. Puis le présent pour lui montrer son attitude et le résultat actuel de celle-ci. Enfin le futur qui découlera de son comportement. De fil en aiguille, d’étapes en étapes, Scrooge est mené vers une prise de conscience. On le sent qui petit à petit, change et réalise l’ampleur de sa méchanceté et surtout les conséquences de celle-ci. Les fantômes sont au début source de frayeur puis on s’habitue à leur présence. Néanmoins le futur suscite une véritable angoisse chez Scrooge et la description du fantôme le figurant m’a fait indéniablement pensé à la façon dont la mort est représentée. On va vers des aspects de plus en plus sombres de l’histoire jusqu’à une fin éclatante de lumière.

   Dickens nous livre un conte en forme de morale, rappelant qu’au quotidien la méchanceté n’apporte rien de bon. Même si le thème, tout comme la façon de le rédiger, peuvent sembler presque naïfs, leurs échos perdurent encore aujourd’hui. Dans notre société où prône de plus en plus l’individualisme, cette fable nous remémore les vieux enseignements qu’on tend à décrédibiliser au profit d’une « nouvelle morale ». Et finalement, les exemples utilisés par Dickens sont toujours d’actualité : misère, pauvreté, manque de considération… Rien n’a changé si ce n’est qu’on utilise plus un cab pour aller porter une dinde de Noël chez quelqu’un. De l’aversion suscitée au début par l’attitude de Scrooge, on en vient à prendre en pitié cet homme qui, sans le savoir jusqu’à ce qu’on lui dise, passe à côté de la vie. De celle qui apporte de la chaleur humaine, de la considération, de la tendresse et de l’amour.

   Malgré son discours éculé, ce conte a fait mouche. J’ai trouvé que cette idée de fantômes était une excellente façon d’apporter une prise de conscience. C’est aussi une façon d’expliquer aux enfants la portée de nos actes. En somme, j’ai beaucoup aimé et ce Charles Dickens mérite que je me plonge davantage dans sa bibliographie.

   Cette histoire de Dickens se retrouve aussi sous le titre Un chant de Noël et a fait l’objet par la firme Disney d’une adaptation cinématographique avec Jim Carrey dans le rôle de Scrooge.

Le Drôle de Noël de Scrooge, Dickens en 3D
Disney a plutôt bien réussi l’aspect de Scrooge qu’on imagine aisément ainsi…

Bonne lecture & bon challenge !

Maêlle

Lecture effectuée dans le cadre du challenge Halloween

halloween

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11 réflexions sur “Conte de Noël de Charles Dickens

  1. Lou 20 octobre 2016 / 22 h 28 min

    J’envisageais de lire un autre Dickens ( » La Maison hantée ») mais je crois que je ne vais pas y arriver à temps. J’adore ce conte-ci, découvert à travers un dessin animé quand j’étais petite et retrouvé plus tard à travers le texte d’origine. Merci pour ton billet, je l’ajoute de ce pas au recap 🙂

    • Maêlle 20 octobre 2016 / 22 h 44 min

      Tiens je ne l’ai pas vu ce conte… Merci pour l’info, je vais lorgner pour le récupérer celui-ci !!! En maison hantée, sinon j’en ai récupéré un de Oscar Wilde que j’ai vu chroniqué parmi les participant(e)s du challenge :-).
      Je suis moins sur Facebook en ce moment pour déposer mes billets… Désolé de ce travail supplémentaire de récupération de billets !!!

  2. FondantGrignote 21 octobre 2016 / 6 h 37 min

    Excellent choix en ce jour fantomatique !! une histoire dont je ne me lasse pas non plus !

    • Maêlle 21 octobre 2016 / 6 h 46 min

      Je te comprends, c’est vraiment une super lecture !!

  3. Mo' 25 octobre 2016 / 11 h 10 min

    Je n’ai jamais lu ce roman et ce que tu en dis me plait.
    Par contre, par association d’idée (certainement sur le thème de Noël, je ne vois pas d’autre explication), cela me fait penser aux « Lettres du Père Noël » de Tolkien.

    • Maêlle 25 octobre 2016 / 11 h 59 min

      C’est une vraie belle découverte, un ouvrage qui vaut le détour. L’association d’idée tourne autour de Noël 😉 Je ne connais pas cet ouvrage de Tolkien. Tu l’as lu ?

  4. Hilde du Livroblog 1 novembre 2016 / 11 h 22 min

    Comme Lou, j’adore ce conte. Je le lis presque tous les ans, souvent un peu avant Noël. L’adaptation est sympa aussi. J’avoue que ça me donne envie de le relire. 🙂

    • Maêlle 1 novembre 2016 / 17 h 31 min

      Ah, je n’ai pas vu l’adaptation mais du coup, je vais m’y pencher sérieusement ! Il est vrai qu’il a un esprit davantage « Noël » « qu’Halloween ». En tout cas, je suis très contente de l’avoir découvert, et ce, grâce à votre challenge !!! 🙂

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