La Passe-miroir – Tome 2 – Les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos

   J’ai poursuivi dans ma lecture de la tétralogie de Christelle Dabos après avoir dévoré le tome 1, Les fiancés de l’hiver qui m’avait totalement convaincu, je me suis plongée dans ce tome 2, Les disparus du Clairdelune… Que j’ai tout autant dévoré ! Reçu à Noël sous le sapin, j’ai profité de quelques jours de congé en février, dans le froid et la neige pour retourner sur l’arche du pôle en compagnie d’Ophélie et de Thorn. Je n’ai pas été déçue de ce deuxième opus qui étoffe le récit autant que les personnages. Le mystère autour de Farouk et d’Ophélie s’épaissit également et on s’interroge sur l’avenir de l’un comme de l’autre. Autant la fin du premier tome permet de se poser avant de poursuivre, autant la fin de ce deuxième tome m’a donné envie de me jeter sur le suivant… Mais patience, il est prévu qu’on me l’offre alors je prends mon mal en patience (mais ce n’est pas évident !!). Même si j’essaie d’être prudente quand je rédige mes chroniques, j’invite celles et ceux qui souhaitent lire cette saga ou qui n’ont lu que le tome 1 à ne pas lire ma chronique, je risque de vous gâcher le plaisir de la découverte…

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Tag PKJ du lecteur

Vu chez Kiriiti’s Blog, ce tag que vous pouvez retrouver sur le site des éditions Pocket Jeunesse m’a paru sympa à faire, alors je me lance. Une reprise en douceur sur le blog après une période fatiguante qui m’a laissé peu de temps pour écrire…

1) Quel est votre premier souvenir de lecture ?
J’ai eu la chance d’avoir des parents qui me lisaient des histoires le soir… Alors mon premier souvenir reste un livre sur Les indiens d’Amérique, un peuple qui m’a toujours beaucoup intrigué. Le livre était magnifiquement illustré. Mon papa me l’a lu et après je l’ai beaucoup, beaucoup, feuilleté/relu.

2) Quel est le plus vieux livre de votre bibliothèque ?
Je suis partie de l’idée du livre le plus ancien en terme d’âge et non pas en terme de temps de possession. Sans hésiter, deux livres de Frédéric Dard, deux San Antonio, dont Les souris ont la peau tendre. Une édition qui doit dater de 1975, ça sent le vieux papier qui a jauni, a été tâché mais j’y suis attachée. Acquis lors d’une braderie Emmaüs en l’occurence (quelle mémoire n’est-ce pas !).

3) Avez-vous un genre de prédilection ? Si oui, quelle est votre dernière lecture du genre ?
Mes envies varient en fonction de mon humeur, la saison… Je dirai plus qu’il y a un style avec lequel j’ai beaucoup de mal, à savoir l’autobiographie, le livre testament politique, je passe mon chemin. Après, je lis de la romance (à petite dose), de la fantasy, du fantastique et du policier (à plus haute dose !)

4) Avez-vous un auteur favori ? Si oui, quel est votre livre préféré de cet auteur ?
Aaaah, quelle question difficile !! Je suis tombée littérairement amoureuse de Erri de Luca. Sa plume poétique est un refuge, à travers sa vie, ses histoires personnelles, il dépeint tout un monde. Il mêle souvent une touche de fantastique dans ses récits. Bref, je crois que je peux dire qu’il est mon auteur favori. De lui, me reste en tête vraiment, Histoire d’Irène. Je garde encore le goût du sel sur les lèvres et la sensation de chaleur du rocher sur lequel notre protagoniste s’étend…

5) Quel est votre dernier achat livresque ?
Euh. Houlà. Alors avec la trêve de Noël et le projet d’attaquer ma PàL à bras le corps, j’arrive à me tenir et à ne pas acheter de livres (un craquage devrait intervenir incessament sous peu en raison de lectures laborieuses…). Je pense donc que mes derniers achats remontent à la dernière Grande Op de Bragelonne durant laquelle j’ai acquis plusieurs livres (impossible de dire quel fut le dernier ajouté !) : la trilogie des pirates de l’escroc-griffe, les deux premiers tomes de l’épée de vérité de Terry Goodkind, Les illusions de Sav Loar de Manon Fargetton.

6) Quel est le dernier livre qu’on vous a conseillé ?
Via le défi lecture 2018 et un groupe Facebook Accro aux livres, je croule sous les conseils !! Je crois que le dernier qui me reste en tête c’est « Tu as promis que tu vivrais pour moi » de Carene Ponte, que j’envisage de lire.

7) Quel est le dernier livre que vous avez conseillé ?
San Antonio, Les souris ont la peau tendre à ma soeur qui avait envie d’une lecture facile et agréable. C’est tellement ciselé ce qu’il écrit… Je suis une adepte de Frédéric Dard (héritage parental !).

8) Quelle est votre lecture en cours ?
L’anneau de Moebius de Franck Thilliez dans lequel je ne parviens pas à rentrer malgré déjà 220 pages lues. Je m’ennuie. Je vais le terminer pour ne pas rester sur les bras avec à nouveau un livre entamé et parce que j’ai l’espoir que cela s’améliore. Je lis également, dans un tout autre style, Notre-Dame-aux-écailles de Mélanie Fazi, un recueil de nouvelles qui s’annonce doux et poétique.

9) Quel est le livre de votre PAL qui vous fait le plus envie ?
Architective : Les reliques perdues de Mel Andoryss, parce que j’ai envie d’un livre jeunesse sans prise de tête, facile à lire… Le résultat de lecture dernièrement laborieuses. Mais ça peut changer en cours de route. Les illusions de Sav Loar de Manon Fargetton me tente aussi beaucoup.

10) Citer un livre que vous avez relu.
Je ne relis quasiment jamais mes livres (trop d’envies de lecture). Mais la seule série qui échappe à ce principe et dont je suis en train de reprendre la lecture c’est Harry Potter. A série exceptionnelle, traitement exceptionnel !

Je reste assez écléctique dans mes réponses, je crois que j’ai toujours autant d’attachement à tous les styles pourvu que je prenne du plaisir à lire ! Et vous, que lisez-vous ? Qu’aimez-vous ? Et que me conseillerez-vous ?

Maêlle

Salon du Livre à Paris et #PAYETONAUTEUR

   Je suis complètement en retard quant à la publication d’articles sur le blog (promis à venir, deux nouveaux articles, l’un sur la série Le pouvoir des innocents, l’autre sur Les disparus de Clairdelune). Mais je prends cinq minutes pour parler d’une polémique qui enfle autour du futur salon du livre de Parism Livre Paris qui se tiendra dans quelques semaines. ActuaLitté en parle drôlement bien alors je vous laisse leur article en guise d’introduction et Dear Ema est tout aussi révoltée que moi.

   Une chose est claire, ce blog n’existerait pas sans auteurs, ni autrices. Le monde littéraire n’existerait pas sans les cerveaux géniaux, les capacités créatives, les idées foisonnantes, les coups de crayon somptueux, les histoires qui nous transportent… Tout cela, et bien plus encore, est issu des auteurs, des autrices, des dessinateurs, des dessinatrices, des illustrateurs et illustratrices. Grâce à eux, les maisons d’édition peuvent éditer des livres, des ouvrages, des documentaires. Et gagner de l’argent.

   Le secteur du livre est un secteur difficile pour presque tout le monde. Il est extrêmement difficile de se faire une place dans ce milieu, de percer quand on souhaite être édité. Certaines maisons d’édition se portent bien mieux que d’autres, soyons réalistes, Hachette et Gallimard s’en sortent globalement mieux que les petites maisons qui tentent d’éditer parfois des choses nouvelles, et qui, à bout de souffle, finissent pas fermer leurs portes. Mais les grandes ne sont pas à l’abri de revers de fortune, je pense à Bragelonne qui a du cesser la collection Romance de chez Milady et explique d’ailleurs les raisons de cette fin qui les attriste autant que les lecteurs.

   Donc si tous les acteurs du monde de l’édition parviennent à vivre, c’est grâce au travail de l’auteur ou de l’autrice. Pourtant, il est bien souvent le moins bien rémunéré de toute la chaîne (Marine Nina qui est du milieu explique très bien la façon dont les auteurs sont rémunérés). Qu’on se le dise, tout le monde n’est pas Marc Lévy, Guillaume Musso ou Amélie Nothomb. Samantha Bailly, autrice jeunesse l’a d’ailleurs rappelé dans un tweet :

 

   Or l’entrée au Salon du Livre de Paris, c’est 8€ un jour de la semaine, 10€ le samedi ou le dimanche, 29€ le pass Grand Lecteur, 6€ pour le tarif réduit et gratuit pour les moins de 18 ans. Êtes-vous déjà allé dans ce salon ? Pour ma part oui. C’est immense. C’est une gigantesque librairie avec des stands pour chaque maison d’édition. Et vous savez ce qui attire les foules ? Les auteurs ou autrices en dédicace. Amélie Nothomb fait bouger les foules autant que Pierre Lemaître (deux auteurs présents quand j’y étais). Sans eux, le concept de payer pour entrer dans une librairie géante n’aurait absolument aucun intérêt. Les conférences, tables rondes et ateliers ont aussi leurs charmes et concourent à faire venir les lecteurs de tout poil.

   Ajoutons à cela que Livre Paris fait payer ses stands à des tarifs élevés (j’hésite à dire prohibitifs. J’ai vu circuler sur Twitter un document de demande de stand avec les prix, c’est assez hallucinant). Donc tout cela génère de l’argent. Je pourrais aussi en remettre une couche, à savoir que quand nous y sommes allés, nous avons eu le droit à la remarque « Les livres extérieurs au salon sont interdits. » Vous voyez l’aberration ? Si vous venez parce que vous avez aimé Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, c’est que vous l’avez lu et apprécié, et parfois acheté. Et que vous aimeriez une dédicace. Vous avez moyennement envie d’acheter une deuxième fois votre livre une fois à l’intérieur. Une pratique déjà vu au FIBD qui me sort par les yeux (les auteurs et illustrateurs de BD aussi sont à la peine…). Et qui avait amené les auteurs a faire part de leur mécontentement en 2016. En 2017, c’était l’entrée qui était vivement critiquée. Mais visiblement Livre Paris a du mal à comprendre. Alors cette année ils ont innové. Ils ont décidé que certains auteurs qui interviendraient en conférence, table ronde ou atelier, ne seraient pas payés. Au motif qu’ils en profitent pour faire la promotion de leur livre. Donc c’est de la pub gratuite. Pourquoi l’auteur irait se plaindre ? Dans sa grande générosité, Livre Paris leur offre une tribune pour faire de la publicité. En échange ils viennent gratuitement papoter, dédicacer. Ils font venir plein de monde, Livre Paris engrange l’argent et ne verse rien aux auteurs. Les chanceux ! J’exagère à peine.

   L’ampleur de la polémique ne cesse d’enfler et je crois sincèrement que les auteurs, aussi solidaires soient-ils entre eux (quoique j’attends toujours que certains « invités prestigieux » prennent la parole à ce sujet) ont besoin du soutien de leurs lecteurs. Il y a des auteurs qui vont venir au salon et que j’aurais aimé rencontrer. Mais la mentalité qui règne sur cet événement depuis que j’y suis allée, m’a rebuté à y retourner. Si cet événement se permet ce genre de comportement, c’est parce qu’il argue de la présence en masse de personnes et donc des retombées indirectes de la publicité dont bénéficieront les auteurs, autrices et maisons d’édition.

   Seulement, si on refuse tous qu’il maltraite ceux qui nous font rêver, qui nous font nous révolter, nous indigner, nous font vivre pléthores d’émotions, en refusant de nous y rendre, je parie que nous aurons plus de poids que les organisateurs. Et avec un peu de chance, ils finiront par comprendre que tout travail mérite salaire, qu’être auteur, illustrateur c’est un métier qui a ses contraintes aussi et pour lequel il convient de rémunérer dignement celui qui l’accomplit. Ca passe par le fait de rémunérer un auteur qui prend le temps de se déplacer sur Paris durant plusieurs jours pour aller à la rencontre de ses lecteurs, donner des conférences, animer des ateliers. Ca semble évident non ?

Alors #PAYETONAUTEUR ou tu n’auras plus de visiteurs Livre Paris.

Maêlle

Pas parler de Lydie Salvayre

   Prix Goncourt 2014, Pas parler de Lydie Salvayre m’a surtout attiré pour la magnifique couverture en édition limitée de chez Points. Des poches soignés et mis en valeur, je trouve l’initiative vraiment sympa ! Bien sûr, le résumé m’a intrigué d’autant que le livre place son histoire durant une partie de l’histoire espagnole difficile, à savoir la guerre civile de 1936 dont découlera l’arrivée au pouvoir de Franco avec la dictature qui suivit. Je pense que cet épisode historique tend à être minimisé ou occulté par la montée du nazisme et du fascisme en Europe. En 1936, Hitler était déjà chancelier allemand, Mussolini est le Duce en Italie et les deux pays se rapprochent dangeureusement. A sa façon l’Espagne n’échappe pas à l’instabilité politique qui s’installe sur le vieux continent. Et tout cela, nous le découvrons à travers Montse, la mère de la narratrice et autrice, et à travers un écrivain espagnol Bernanos auteur Les grands cimetières sous la lune. Deux témoins d’une époque bouleversante où la noirceur humaine va se révèler.

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Block 46 de Johana Gustawsson

   Voilà un nouveau titre acquis pendant la Grosse Op de Bragelonne et que je ne regrette nullement d’avoir acquis ! J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette jeune autrice française dont vous pouvez découvrir le site internet pour connaître les dernières nouvelles. Block 46 est un livre bien mené avec des personnages très intéressants. Je n’étais pas partie pour le lire de suite mais Valériane en a parlé sur Instagram (il y a longtemps mais je ne l’ai vu que récemment…) et une soudaine envie de lire du bon thriller m’a fait céder à l’appel. Retour sur une autrice prometteuse.

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Brigade des mineurs de Raynal Pellicer et Titwane

   Mis en avant par les bibliothécaires de la médiathèque où je vais régulièrement flâner, je ne connaissais absolument pas le travail de Raynal Pellicer et Titwane. Je dois donc cette très très belle découverte à ces hommes et femmes qui ont décidé de mettre ce beau livre sur un présentoir.

   J’ai tout d’abord été interpellée par le titre, la brigade de protection des mineurs étant une institution aussi emblématique que la BRB (brigade de répression du banditisme) ou l’ancien « 36 » (pour le 36 Quai des orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne). Même quand on a jamais travaillé à Paris, on connaît de nom, de réputation, la brigade de protection des mineurs qui tend à devenir, dans le jargon quotidien, la brigade des mineurs. En effet, si une grande partie de son activité consiste à protéger des mineurs, il ne faut pas oublier qu’elle officie aussi parfois à l’égard de mineurs auteurs. Ce livre est un documentaire ancré dans le réel, dans le quotidien de cette brigade. Les dessins de Titwane m’ont laissé pantoise : des photos n’auraient pas mieux illustré les propos tenus et transcrits par Raynal Pellicer. C’est un beau livre pour lequel je vais essayer de vous faire une belle chronique.

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Yzé – tome 2 Le projet Ultima de Florent Marotta

   De retour avec la suite des aventures de la jeune Yzé, découverte dans le premier tome Yzé et le palimpseste. J’ai décidé de parler de ce tome 2 Yzé et le projet Ultima, dans le cadre du défi lecture 2018, puisqu’il est question de sorcier et que cette série, contrairement à la saga Harry Potter, est moins connue.

   J’avais apprécié le premier tome avec un léger bémol quant aux émotions du personnage principal, à savoir Yzé. Je retrouve l’auteur dans un second tome que j’ai senti mieux maîtrisé à ce niveau et ça fait plaisir à lire. Pour ce qui est de l’intrigue, elle n’est pas de tout repos ! Florent Marotta nous entraîne avec Yzé dans une aventure menée tambour battant.

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Patients de Grand Corps Malade

La nuit est belle, l’air est chaud et les étoiles nous matent,
Pendant qu’on kiffe et qu’on apprécie nos plus belles vacances,
La vie est calme, il faut beau, il es deux heures du mat,
On est quelques sourires à partager notre insouciance.

C’est ce moment-là, hors du temps, que la réalité a choisi,
Pour montrer qu’elle décide et que si elle veut elle nous malmène,
Elle a injecté dans nos joies comme une anesthésie,
Souviens-toi de ces sourires, ce sera plus jamais les mêmes.

Le temps s’est accéléré d’un coup et c’est tout mon futur qui bascule,
Les envies, les projets, les souvenirs, dans ma tête y’a trop de pensées qui se bousculent,
Le choc n’a duré qu’une seconde mais ses ondes ne laissent personne indifférent,
« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu’ils ont dit à mes parents.

   Fabien Marsaud, plus connu sous le nom de Grand Corps Malade est un slameur, compositeur, interprète français. C’est un artiste reconnu, respecté et apprécié. Qui est venu chanter sur scène avec une béquille. Qui a vécu une expérience violente, traumatisante dont il sort un livre en prose plein d’humour, d’autodérision mais aussi plein d’émotions et de tendresse. Une plongée vertigineuse dans un monde que l’on cache, que l’on dissimule et que nous avons du mal à accepter et à intégrer en France : le monde des handicapés. Les « tétras, les trauma« , Fabien Marsaud a bien failli rester de ce côté-là. C’est au prix du deuil de ses espoirs, de ses envies et d’une belle détermination ainsi que d’un accompagnement soutenant qu’il parviendra à échapper à ce destin. Et c’est dans son livre Patients qu’il en parle.

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Ray Shepard – Amnésie de Morgane Rugraff

   Je remercie chaleureusement les éditions Plume Blanche qui, grâce à un partenariat avec Vendredi Lecture, m’a permis de remporter le tome 1 de la série Ray Shepard de Morgane Rugraff. Et si mes remerciements sont si chaleureux, c’est qu’ils sont à la hauteur du plaisir ressenti lors de ma lecture. J’ai envie de dire : pfiou. Quelle claque ! Tout y est, l’originalité de la magie, l’histoire et surtout, surtout, le point fort : les personnages. J’ai été happée par l’histoire, je ne pouvais plus lâcher ma liseuse, avide de connaître le dénouement et de retrouver les UCB… Je m’emballe (mais pas autant que Dear Ema… Quoique…) ! Commençons par le début…

Voilà la couverture dans son entier, je la trouve très belle (et du coup, suis un peu jalouse de la version papier…)

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La mémoire dans les poches de Luc Brunschwig & Etienne Le Roux

   Un beau dessin qui sert un beau scénario… Voilà le mariage réussi en bande-dessinée, celui qui m’enthousiasme et m’emporte. C’est ce que j’ai découvert avec la trilogie La mémoire dans les poches de Luc Brunschwig et de Etienne Le Roux édité chez la maison d’édition de Futuropolis dont le catalogue recèle de belles pépites.

Laurent Letignal œuvre dans son quartier, dans sa banlieue dite populaire pour venir en aide à des étrangers cherchant à apprendre le français, à s’intégrer. C’est ce que sa mère lui a inculqué, l’entraide, la solidarité. Une mère imposante, omniprésente, envahissante face à un père discret et effacé mais fier de son fils. Ce dernier a écrit un livre qui commence à rencontrer un succès de plus en plus grandissant. Soudain, sans prévenir, son père disparaît. Avec un jeune enfant. Pourquoi, pour aller où ? Autant de questions auxquels Laurent va vouloir trouver des réponses.

   Cette trilogie c’est l’écho d’un passé fui dans un présent compliqué. C’est une histoire pleine d’humanité qui parle d’un enfant traumatisé et d’un adulte qui s’est construit avec une part de lui-même amputé. Finalement, la petite histoire de cet homme va nous plonger dans la grande Histoire, celle qui s’est déroulée durant la seconde guerre mondiale. Mélange des époques qui se rappellent l’une à l’autre et dans laquelle on découvre de troublantes similitudes.

   Nous suivons tout d’abord le parcours de Sidoine Letignal. Sidoine a tellement peur d’oublier quelque chose qu’il note tout ce qui lui semble important sur des bouts de papier qu’il conserve dans ses poches. Sidoine note même sa propre date de naissance… Mais du coup, il est une anthologie des moments marquants de sa vie et de celle de sa famille. Dans ses bras, un tout jeune enfant qui pleure. De pharmacie en bar, on le voit errer sans savoir où il va, ni ce qu’il cherche. Grâce à des retours en arrière nous découvrons qu’il vit dans une banlieue parisienne avec sa femme Rosalie et leur fils Laurent. Petit à petit, nous découvrons ce passé – récent – qui la conduit jusqu’à ce moment, jusqu’à cet enfant. Il faut apprendre à faire connaissance avec Sidoine…

   En arrière-plan de cette histoire qui est avant tout une histoire de famille, de liens familiaux, tout au long de ces 3 tomes, il y a le racisme. Celui de tous les jours auquel est confronté Laurent au sein de sa banlieue et qu’il tente de vaincre en offrant de son temps et de sa passion sincère pour les autres. J’ai trouvé Laurent très touchant et me suis beaucoup attachée à lui, ce qui tombe bien car petit à petit l’histoire va se recentrer sur lui plutôt que son père. Après la fuite de Sidoine, nous continuons avec la recherche de Laurent.

   A ces parcours qui s’écartent, qui s’égarent, les liens familiaux s’étirent jusqu’à la rupture. Ça éclate, la vérité éclabousse l’innocence de Laurent, celle que nourrisse tous les enfants vis à vis de leurs parents. Alors qu’on le pense adulte, il va grandir encore, gagner en maturité et surtout partir dans une belle aventure : celle qui consiste à partir à la rencontre de son père. Ce père qu’il aime, qu’il admire, qu’il respecte, que sa mère a tendance à occulter. En raison de cette discrétion, Laurent chérit les souvenirs qu’il a avec de lui. Pourtant il va être confronter à un voile de mensonge opaque… Mais Laurent recèle une volonté farouche de déchirer ce voile et de savoir ce qui se passe derrière.

   Derrière, c’est son père qui va surgir. Dans la nudité crue de la vérité quant à son histoire. Qui est vraiment Sidoine Letignal ? Quel est son véritable passé ? Autant de questions auxquelles Laurent va tenter de trouver des réponses. Il va d’ailleurs y mettre les moyens et ce à partir du tome 2 qui se déroule 3 ans après le premier. L’épilogue de cette histoire arrive avec le bruit de la guerre et la folie nazie dans le tome 3. L’ensemble est cohérent, bien écrit, bien mené.

   Je me suis plongée avec beaucoup de plaisir dans cette histoire familiale dense et riche en émotion. Luc Brunschwig déroule parfaitement son histoire, sans nous égarer parmi les rebondissements. J’ai trouvé qu’il y avait une forme de courage dans l’acte de son père, au moins autant que dans la décision de Laurent de retrouver celui-ci. Cette histoire est servie par les sublimes dessins de Etienne Le Roux. Beaucoup de rondeur dans les personnages comme pour souligner leur douceur et leur humanité. Les couleurs, très sobres, très douces concourent à cette chaleur humaine que l’on ressent à travers les pages. Les teintes varient assez peu quand il s’agit de souvenirs, soulignant avec un côté sépia, l’ancienneté de ce qui va nous être conté. Mais ne cherchez pas trop de couleurs vives, les planches en recèlent peu. Etienne Le Roux préfère rester dans la même palette de couleurs, ne les variant qu’en fonction de l’instant qui est dessiné. Le tout donne des dessins et des couleurs bien assorties à l’histoire.

   C’est donc une très belle découverte que je vous invite à faire également. Mo’ a été emballée par le tome 1 et a apprécié le tome 2 (mais n’a pas encore lu le tome 3 !)

Bonne lecture !

Maêlle