Aussi libres qu’un rêve de Manon Fargetton

Je poursuis mes articles sur un livre lu et terminé en 2017…

   Premier livre de Manon Fargetton, l’autrice l’a écrit à l’aube d’une jeunesse emplie de rêves… Et de libertés. Si on sent quelques maladresses dans le style, à mettre sur le dos d’une inexpérience bien compréhensible, on sent aussi toute la force et la vigueur inhérentes à cette jeunesse qui porte Aussi libres qu’un rêve. C’est un vent de fraîcheur qui s’abat sur le lecteur quand on plonge dans le premier roman de celle qui a écrit le très bon L’héritage des rois passeurs.

   En cette fin de XXIème siècle, l’accès à votre métier est déterminé par la loi des naissances. Votre mois de naissance vous affecte d’office à une catégorie de métier : artistique, manuel… Les métiers les plus prisés sont en début d’année. En fin d’année se trouvent les métiers délaissés et peu appréciés. Afin que la répartition soit équitable, la reproduction est contrôlée. Silnöa et Silnëi sont jumelles. Seulement l’une est née le 31 décembre à 23h58, tandis que l’autre est née quelques minutes après minuit. Malgré des destinées radicalement différentes de par leur naissance, les deux sœurs vont se retrouver dans leur volonté de combattre le régime dictatorial qui est en place sur la région Bzh.

   Je vais commencer cet article par un point de détail qui m’a néanmoins pas mal perturbé. Dans le livre, Silnöa s’appelait Minöa… Puis à certains moments Silnöa. Il y a eu visiblement un souci dans la réédition de l’ouvrage. J’ai pu constater en allant picorer quelques articles ici ou là que je n’étais pas la seule à avoir rencontré cette difficulté, certains blogueurs parlant de Minöa alors que le résumé du livre parle de Silnöa. Bref, j’évacue le problème mais attire l’attention de la maison d’édition Castelmore à ce sujet. Ça déroute un peu même si ça n’empêche en rien la lecture.

   Dans ce récit assez court on retrouve la fougue et la rébellion propres aux adolescents qui composent les personnages de ce roman. Malgré la jeunesse de ceux-là, je me suis attachée à eux, surtout Kléano avec son indéniable côté rebelle qui m’a attendri. Je me suis un peu retrouvée dans ce côté révolté qui ne supporte pas l’injustice.

   Décrivant un monde nimbé de technologie, l’autrice nous immerge dans un univers où règne une dictature dont tout le monde n’a pas vraiment conscience. En effet, quand vous ne connaissez que ce système, que tout le monde semble satisfait à défaut d’être heureux, qu’on vous rabâche les risques d’un autre système, qu’est-ce qui peut vous pousser à renverser, à modifier ce qui est en place ? Sûrement une envie de liberté et un profond sentiment d’injustice.

   Au delà d’éprouver ces sentiments, le roman interroge sur la capacité à avoir le courage de ses convictions. Il est aisé en groupe, sur des forums, de critiquer la société dans laquelle on vit. Il est plus difficile de passer à l’acte et d’aller soutenir ses idées face à ses détracteurs. J’ai trouvé tout cela bien mené, bien expliqué, la façon dont l’injustice est ressentie, dont les protagonistes gagnent en confiance, le groupe qui se forme, les leaders qui s’en détachent. On sent que l’autrice a une indéniable maîtrise du déroulement de son récit et c’est plaisant à lire. On ne peut que la féliciter d’être parvenue si jeune à écrire un roman d’une telle qualité.

   Le récit reste toutefois très jeunesse, ne vous y trompez pas. Certains trouveront sans doute le tout un peu superficiel (le roman ne fait que 200 pages donc il est évident que le traitement ne peut être très approfondi) mais Manon Fargetton fait preuve de beaucoup de sensibilité dans le traitement de ses personnages (et de courage aussi !). Loin d’être parfaits, ils sont semblables à ce que nous avons pu être et créent avec le lecteur une empathie indéniable. J’ai juste un peu regretté que les 2 sœurs jumelles ne soient pas traitées de façon plus approfondies. Finalement tout passe par Minöa (ou Silnöa) et rend quasi inexistante l’autre sœur jumelle qui pourtant a un gros potentiel. Quant à l’environnement dans lequel tout le monde évolue, il m’a paru très crédible.

   C’est un roman jeunesse sympathique que je conseillerai aux plus jeunes qui veulent lire du « young adult » qui sort un peu des sentiers battus. En effet, j’ai trouvé une forme de conscience politique derrière tout cela, moins tenté de vengeance que dans d’autres romans du même genre. Si l’injustice est prégnante et demeure un leitmotiv, il y a une volonté d’être pacifique et de faire des personnages qui s’interrogent avant d’agir ce qui rend l’ensemble intéressant.

Bonne lecture !

Maêlle

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